Lockheed Martin à l’épreuve de la méthode Trump

Les faits. Et si ça marchait ? Le groupe de défense américain Lockheed Martin s’est engagé à créer 1.800 emplois aux États-Unis et à réduire les coûts du programme F-35, au moment où Donald Trump presse les entreprises de développer leurs activités sur le sol américain. De même, le nouveau président a expliqué doctement au constructeur BMW que s’il persistait dans son projet de fabriquer des véhicules au Mexique pour ensuite les importer sur le marché américain ceux-ci seraient taxé de 35%. Ce à quoi l’allemand répond qu’il produit la totalité de ses gros 4X4 ( du X3 au X6) en Caroline du Sud exportés dans le monde entier et qu’il n’envisage pas de renoncer à son projet mexicain.
Pour sa part, Lockheed-Martin a prestement compris le message du nouveau président : il est sur le point de conclure un accord visant à réduire de façon importante les coûts du F-35. C’est en substance ce qu’a révélé la PDG de Lockheed Martin, Marillyn Hewson, à l’issue d’un entretien avec Donal Trump. S’exprimant devant les journalistes à la « Trump Tower » de New York, elle a ajouté que Lockheed Martin avait l’intention de créer 1.800 postes supplémentaires sur son site de Fort Worth, au Texas, ce qui devrait se traduire selon elle par la création « de milliers et de milliers d’emplois » dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement du groupe.

Commentaire. Cette annonce intervient quelques semaines après que Donald Trump ait jugé « hors de contrôle » les coûts de l’avion de combat F-35, fabriqué par Lockheed Martin. Le président américain qui a pris ses fonctions le 20 janvier, est même allé jusqu’à demander à Boeing de lui fournir un tarif pour une nouvelle version du bombardier F-18, concurrent du F-35. « J’ai été contente de lui annoncer que nous sommes proches d’un accord qui va diminuer de façon importante les coûts », a assuré vendredi Mme Hewson, ajoutant avoir présenté des pistes d’économies à Donald Trump (*).

Lancé en 2001, le F-35 est le plus cher des programmes d’armement de l’histoire militaire américaine, avec un coût estimé à près de $400 milliards pour le Pentagone, pour moins de 2.500 appareils à produire. L’appareil a rencontré de très nombreux problèmes techniques, de calendrier, de mise en œuvre et de dépassements de coûts.

Après Amazon, Ford, Fiat-Chrysler (production de trois nouveaux modèles Jeep sur le territoire US) et même BMW (extension de son usine de Caroline du Sud), Lockheed Martin vient donc grossir la liste des entreprises qui ont annoncé des investissements sur le sol américain depuis la victoire de Donald Trump, élu sur la promesse de ramener des emplois aux États-Unis.

(*)À l’issue de l’entretien, Mme Hewson a déclaré : « We had the opportunity to talk to [Trump] about the F-35 program, and I certainly share his views that we need to get the best capability to our men and women in uniform and we have to get it at the lowest possible price. So I’m glad I had the opportunity to tell him that we are close to a deal that will bring the cost down significantly from the previous lot of aircraft”.

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La DGA attribue le contrat FOMEDEC à Babcock France

Les faits. La Direction générale de l’armement (DGA) a attribué à Babcock France le contrat FOMEDEC pour la fourniture et le soutien d’une plateforme d’entrainement, avec les services associés, à destination de l’armée de l’Air (voir AeroDefenseNews N°170 24/11/2016). D’une durée de 11 ans, ce contrat comprend la fourniture d’avions d’entrainement Pilatus PC 21, de simulateurs (CAE) et d’installations pour l’entrainement des équipages d’avions de combat. Ces moyens seront mis en oeuvre par l’armée de l’Air sur sa base de Cognac. Le premier avion serait livré en 2018. Babcock France et Dassault Aviation ont signé dans ce cadre un partenariat qui se «concrétisera, dans une première étape, par la réalisation du contrat FOMEDEC avec la création d’une société commune sous le leadership de Babcock France », soulignent les deux entreprises. Babcock participe déjà en France à la formation des armées au travers d’Hélidax. Elle assure la mise à disposition de 36 hélicoptères de type EC 120 pour la formation initiale des pilotes des Armées. Opérateur reconnu dans le Maintien en Conditions Opérationnelles des hélicoptères de l’Etat Français, Babcock est aussi le leader dans les missions aériennes d’urgence et exploite une flotte de plus de 30 hélicoptères pour le SAMU. Babcock existe depuis 1985 et a réalisé un chiffre d’affaires de près de 4,8 milliards £ en 2016.

 

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Après la France, l’Italie confirme l’Aster 30 Block 1 NT

L’Italie a notifié fin décembre à Eurosam via l’OCCAR sa participation au programme Block 1 NT. Elle suit la France qui avait notifié sa part en décembre 2015. Ce programme prévoit le développement d’une nouvelle électronique de vol dans le missile (autodirecteur et contrôleur) ainsi que l’adaptation du système SAMP/T (Sol-Air Moyenne Portée/Terre, connu sous l’appellation Mamba dans l’armée de l’Air) déployé par les deux pays pour tirer cette munition supplémentaire. Le programme Block 1 NT améliorera substantiellement les capacités de défense contre les menaces balistiques (interception de missiles de portée pouvant atteindre les 1500 km, contre 600 km avec la génération actuelle Aster 30 Block 1). L’Italie s’intéresse plus particulièrement à l’utilisation de ce missile en environnement naval et projette d’équiper sa future classe de patrouilleurs hauturiers PPA avec des Aster 30 Block 1 NT. Le Royaume-Uni a également exprimé lors du sommet d’Amiens en mars 2016 son intention d’équiper ses destroyers Type 45 de cette même version du missile. Le Block 1 NT marque à la fois un saut de génération technologique pour la famille Aster lancée en 1990 et un saut capacitaire dans la mesure où il élargit la mission de lutte anti balistique au domaine naval. Son lancement intervient au moment où le système SAMP/T fait l’objet de campagnes commerciales en Suède et en Turquie.

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Jacques Gautier (*): «Il est nécessaire que les candidats à l’élection présidentielle préparent les éléments d’une Revue Stratégique qui serait lancée officiellement dès l’élection du Président avec tous les partenaires » (*) Sénateur (LR) des Hauts de Seine et Vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Quels sont les enjeux et les défis qui attendent le prochain ministre de la Défense. Quelles doivent être les priorités de la LPM 2017-2022?

Tout d’abord, derrière le futur Président de la République (PR), un homme aura une importance capitale c’est le ministre de la Défense. Sa tache sera particulièrement lourde notamment parce qu’il devra succéder à Jean-Yves le Drian, un grand ministre de la Défense, qui a aura marqué ces cinq années passées à l’Hôtel de Brienne. Le PR lui a donné du temps et leur proximité a fait que les arbitrages ont été rendus généralement en faveur de la Défense. On vient encore de le vivre pour la sortie de l’exercice 2016 et l’entrée en 2017. De plus, Jean-Yves Le Drian a su créer une « équipe France » à l’export, il a su travailler étroitement avec la DGA, les représentants diplomatiques et les industriels. Il a su trouver le ton juste auprès des clients potentiels. La succession sera donc difficile.

Une fois dit cela, il va falloir gérer les engagements du PR actuel et notamment ceux décidés lors du congrès de Versailles après les attentats de 2015 et en janvier 2016 : réduction puis suppression de la déflation des effectifs, primes pour l’opération Sentinelle, primes pour les jours d’absence au-delà de 150/200 jours, revalorisation de la condition militaire. Un « bouquet » qui coûte en 2017 pas moins de 900 millions d’euros sur le budget de la Défense qui représentera 1 milliard en 2018 et 1,2 milliard en 2019.

Nous n’avons pas de plan triennal mais nous savons déjà ce que cela nous coûtera ! Et il est impossible au prochain PR ou au prochain ministre de la Défense de supprimer ces dépenses puisqu’il s’agit d’effectifs recrutés et des améliorations apportées aux conditions des militaires dont on ne peut pas dire qu’ils étaient des privilégiés. On leur demande beaucoup, probablement trop, et il était absolument naturel de faire un geste dans leur direction. Seul hic, ce geste représente chaque année du prochain quinquennat en année pleine 1,2 milliard. Cela veut dire que le prochain PR et son ministre de la Défense, avant même de faire quoique ce soit, devront rajouter 6 milliards d’euros au budget de la Défense sur la durée du quinquennat.

Outre les problèmes budgétaires à régler, les efforts à porter, selon moi, devront l’être sur les matériels et non pas sur les effectifs. Tout va dépendre de ce que le futur ministre de la Défense attend de la réserve opérationnelle, de sa montée en puissance et comment on l’organise. L’entrainement des forces est un autre sujet alors que l’on voit bien que nous sommes en-dessous des niveaux indispensables pour maintenir une qualité d’engagement des hommes (jours passés en mer, heures de vol etc.).

Autre sujet sur la table, c’est le maintien en condition opérationnel (MCO). Puis se posera une question très importante à mes yeux, c’est le financement des OPEX. Depuis toujours le ministère de la Défense inscrit une somme destinée aux OPEX mais qui ne correspond pas à la réalité des coûts. Aujourd’hui, on met environ 450 millions pour les OPEX mais on sait très bien que sur la réserve interministérielle il faudra rajouter 700 à 800 millions chaque année. Cela ne nous choque pas, c’est classique. Mais on devrait les inscrire en interministérielle dès le début puisque l’on sait que les OPEX vont coûter plus cher ! Et nous, parlementaires, n’apprécions pas que ces sommes soient imputées sur le budget de la Défense.

Nous préconisons par ailleurs de ne pas lancer un nouveau Livre blanc qui nous ferait perdre 8 à 12 mois et malheureusement, quand on regarde les menaces, les coûts budgétaires, il y a le feu à la maison. Il nous semble nécessaire que les candidats à l’élection présidentielle préparent les éléments d’une Revu Stratégique qui serait lancée officiellement dès l’élection du Président avec tous les partenaires pour parvenir rapidement à proposer fin septembre 2017 la mise en place et la définition d’une LPM de façon à intégrer dans la Loi de finance rectificative 2017 ou du PLF 2018 les décisions du PR en matière de défense. Cette LPM couvrirait le quinquennat et permettrait d’anticiper sur le suivant. Voilà, pour résumer, les pistes, selon moi, qui devraient servir de base, soit pour une actualisation de la LPM, soit plutôt dans le cadre d’une nouvelle LPM.

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans la lettre AeroDefenseNews. Tél : 09.67.18.60.00

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Galileo : après le défi technique, le rendez-vous commercial

Le lancement réussi de quatre nouveaux satellites Galileo par Ariane 5 va donner un coup d’accélérateur au GPS européen lancé en 1999… Le système pourrait commencer à devenir opérationnel avant la fin de l’année. «L’objectif est de pouvoir afficher les services initiaux au mois de décembre», rappelle Jean-Yves Le Gall, président du CNES. Ce sont désormais 18 satellites de la constellation Galileo, prévue pour en compter 30 au total, qui sont en en orbite dont trois ont toutefois rencontré des problèmes techniques (une antenne mal déployée pour l’un et une mauvaise orbite pour les deux autres).

Projet emblématique de la Commission européenne, le système de navigation
Galileo vise à réduire la dépendance de l’Europe à l’égard du GPS américain, tout en améliorant les services rendus aux utilisateurs commerciaux et institutionnels grâce à une très grande précision. Les services complets sont attendus pour 2020. Les deux prochains lancements de satellites Galileo, prévus pour 2017 et 2018, seront également assurés avec une Ariane 5ES. Ensuite, Ariane 6 prendra le relais. Conçu plus récemment que le GPS américain, Galileo lancé par l’Union européenne en 1999, intégrera les dernières avancées technologiques, il offrira un signal plus précis et permettra de dater ce signal. Les systèmes concurrents de Galileo (le GPS américain, le Glonass russe ou encore le chinois Beidou) offrent une géolocalisation de 10 mètres et ne dispose pas de la datation du signal. «La concurrence va être dure face aux Américains, aux Chinois et aux Russes. Certes, nous partons en retard mais nous allons croître plus vite avec un service de meilleure qualité», avance Jean-Yves Le Gall.

Le marché des applications spatiales de Galileo est estimé à 90 milliards d’euros…selon les consultants qui analysent le marché. Une mine d’or pour certains d’autant que le marché mondial annuel des services et des équipements de positionnement est en croissance continue. D’ici à 2025, le marché européen devrait franchir le cap des 135 milliards d’euros et entraîner la création de nombreux emplois. Là encore, face à autant d’enthousiasme, le chiffre reste à confirmer. Les experts estiment que c’est en Extrême-Orient que se situent les plus grandes opportunités commerciales. «Il faut écouter les utilisateurs», temporise le président du Cnes. Il n’empêche que si l’intérêt technologique de Galileo est indéniable, il y a une vraie incertitude : les utilisateurs seront-ils prêts à payer pour le service Galileo et combien et combien. Quoiqu’il en soit, il y a bien un point sur lequel tout le monde est d’accord : les Européens ne peuvent pas être absents du segment de la géolocalisation par satellites, faute de quoi ils seraient sortis du marché et dépendants des Américains, des Russes ou des Chinois. Durablement. Galileo est donc une nécessité. CQFD.

Les quatre services de Galileo

D’une précision de positionnement au mètre près, le service ouvert (ou OS pour Open Service), librement accessible, s’adresse au marché de masse et est destiné à la navigation automobile et aux services de positionnement sur téléphones mobiles. D’une précision à l’échelle du centimètre, le service commercial (ou CS pour Commercial Service) est crypté et est destiné à des applications spécialisées. Il offrira des services garantis aux utilisateurs en échange d’une redevance.

Le service public réglementé (ou PRS pour Public Regulated Service), qui s’adressera aux utilisateurs remplissant une mission de service public, sera crypté et plus résistant grâce à ses mécanismes antibrouillage. Ce service trouvera une application dans le secteur de la sécurité, dans le domaine de la répression et dans les infrastructures stratégiques (par exemple : énergie, télécommunications, finances).

Le service de recherche et sauvetage (ou SAR pour Search and Rescue Service) mondial de Galileo aidera au transfert des signaux de détresse vers un centre de coordination des sauvetages.

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Hélicoptères : Varsovie tente de temporiser

«On ne va pas se fâcher pour une poignée d’hélicoptères », s’est récemment exclamé Witold Waszczykowski, chef de la diplomatie polonaise (17/11/2016.AFP). La Pologne semble bien ennuyée à la suite de l’abandon abrupt des négociations sur l’achat de 50 Caracal d’Airbus Helicopters. Les relations d’amitié pluriséculaires entre la France et la Pologne en seront-elles pour autant abîmées ? Oui, sans doute. Varsovie a choisi la carte américaine, c’était peut-être un bon choix avant les élections américaines mais le résultat des urnes va changer la donne : Washington a désormais d’autres priorités que la très vieille Europe. Et il est probable que Donald Trump ait plus d’empathie pour Vladimir Poutine que Barack Obama n’en avait pour le dirigeant russe. Cela, les Polonais risquent bien de le découvrir à leurs dépens.

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FOMEDEC : Babcock, une victoire prévisible

Un contrats sensible. Même si le patron de DCI, Jean-Michel Palagos (bientôt concerné par l’âge de la retraite) est un ancien collaborateur de Jean-Yves Le Drian, cette proximité n’aura pas suffi face à l’expertise de Babcock, particulièrement en Grande-Bretagne. La société britannique est retenue pour le contrat FOMEDEC (*) notamment pour l’entretien des appareils (des PC-21) sur lesquels vont désormais être formés les pilotes de chasse français. Un contrat, non encore annoncé par le ministère de la Défense, avec lequel Babcock compte créer une centaine d’emplois en France. C’est son efficacité à tenir la disponibilité technique au Royaume-Uni qui a fait la différence face à ses concurrents alors que depuis 2012, Jean-Yves Le Drian a vu la disponibilité de quasiment toutes ses flottes baisser à l’exception de celle du Rafale. La plupart des promesses des industriels français (Airbus en tête) n’ont pas entravé cette chute, d’où la tentation de faire confiance à de nouveaux acteurs. Babcock a déjà un beau portefeuille d’activité, à travers les SAMU (trois nouvelles bases créées en 2017), le MCO (flottes Fennec des armées, et H135 de la douane et de la gendarmerie, tous deux remportés en 2016) et évidemment, Helidax, un succès qu’il partage à 50% avec DCI. Cette première victoire majeure de Babcock France s’accompagne de plusieurs incidentes. Un nouveau directeur général est recruté pour succéder au Français Frédéric Goig, qui devient directeur de la stratégie du groupe britannique.

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