Galileo : après le défi technique, le rendez-vous commercial

Le lancement réussi de quatre nouveaux satellites Galileo par Ariane 5 va donner un coup d’accélérateur au GPS européen lancé en 1999… Le système pourrait commencer à devenir opérationnel avant la fin de l’année. «L’objectif est de pouvoir afficher les services initiaux au mois de décembre», rappelle Jean-Yves Le Gall, président du CNES. Ce sont désormais 18 satellites de la constellation Galileo, prévue pour en compter 30 au total, qui sont en en orbite dont trois ont toutefois rencontré des problèmes techniques (une antenne mal déployée pour l’un et une mauvaise orbite pour les deux autres).

Projet emblématique de la Commission européenne, le système de navigation
Galileo vise à réduire la dépendance de l’Europe à l’égard du GPS américain, tout en améliorant les services rendus aux utilisateurs commerciaux et institutionnels grâce à une très grande précision. Les services complets sont attendus pour 2020. Les deux prochains lancements de satellites Galileo, prévus pour 2017 et 2018, seront également assurés avec une Ariane 5ES. Ensuite, Ariane 6 prendra le relais. Conçu plus récemment que le GPS américain, Galileo lancé par l’Union européenne en 1999, intégrera les dernières avancées technologiques, il offrira un signal plus précis et permettra de dater ce signal. Les systèmes concurrents de Galileo (le GPS américain, le Glonass russe ou encore le chinois Beidou) offrent une géolocalisation de 10 mètres et ne dispose pas de la datation du signal. «La concurrence va être dure face aux Américains, aux Chinois et aux Russes. Certes, nous partons en retard mais nous allons croître plus vite avec un service de meilleure qualité», avance Jean-Yves Le Gall.

Le marché des applications spatiales de Galileo est estimé à 90 milliards d’euros…selon les consultants qui analysent le marché. Une mine d’or pour certains d’autant que le marché mondial annuel des services et des équipements de positionnement est en croissance continue. D’ici à 2025, le marché européen devrait franchir le cap des 135 milliards d’euros et entraîner la création de nombreux emplois. Là encore, face à autant d’enthousiasme, le chiffre reste à confirmer. Les experts estiment que c’est en Extrême-Orient que se situent les plus grandes opportunités commerciales. «Il faut écouter les utilisateurs», temporise le président du Cnes. Il n’empêche que si l’intérêt technologique de Galileo est indéniable, il y a une vraie incertitude : les utilisateurs seront-ils prêts à payer pour le service Galileo et combien et combien. Quoiqu’il en soit, il y a bien un point sur lequel tout le monde est d’accord : les Européens ne peuvent pas être absents du segment de la géolocalisation par satellites, faute de quoi ils seraient sortis du marché et dépendants des Américains, des Russes ou des Chinois. Durablement. Galileo est donc une nécessité. CQFD.

Les quatre services de Galileo

D’une précision de positionnement au mètre près, le service ouvert (ou OS pour Open Service), librement accessible, s’adresse au marché de masse et est destiné à la navigation automobile et aux services de positionnement sur téléphones mobiles. D’une précision à l’échelle du centimètre, le service commercial (ou CS pour Commercial Service) est crypté et est destiné à des applications spécialisées. Il offrira des services garantis aux utilisateurs en échange d’une redevance.

Le service public réglementé (ou PRS pour Public Regulated Service), qui s’adressera aux utilisateurs remplissant une mission de service public, sera crypté et plus résistant grâce à ses mécanismes antibrouillage. Ce service trouvera une application dans le secteur de la sécurité, dans le domaine de la répression et dans les infrastructures stratégiques (par exemple : énergie, télécommunications, finances).

Le service de recherche et sauvetage (ou SAR pour Search and Rescue Service) mondial de Galileo aidera au transfert des signaux de détresse vers un centre de coordination des sauvetages.

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Pourquoi le Canada va bien acheter des F-35

Les faits. Les entreprises canadiennes du secteur de l’aéronautique continuent à décrocher des contrats liés au développement et à la production des F-35. La valeur de ces contrats totalise aujourd’hui $US 925 millions (1,235 milliard CAN) et pourrait franchir le cap du milliard de dollars US d’ici à quelques mois, selon les médias québécois (La Presse). En tout, plus de 110 entreprises canadiennes ont signé des contrats avec Lockheed Martin dans le cadre du programme de développement et de construction du F-35. Parmi ces entreprises se trouvent les sociétés québécoises Héroux-Devtek, CMC Electronics et Stelia. Les autres entreprises qui ont récolté leur part de contrats sont Honeywell et Magellan (Ontario), Avcorp Industries et Asco Aerospace (Colombie-Britannique) et Apex Industries (Nouveau-Brunswick). Magellan, qui a aussi une présence au Manitoba, a embauché 450 nouveaux employés en raison des contrats obtenus pour la construction des F-35. Le Canada fait partie du programme F-35 depuis 1997. Pour faire partie du programme, le gouvernement canadien verse annuellement une contribution de quelque $US 20 millions (le Canada a versé environ $US 330 millions à ce jour).

Commentaire. Bien que le gouvernement Trudeau ait décidé de donner «du temps au temps » sur le choix du futur avion de combat destiné à remplacé les CF-18, on ne voit pas bien comment il pourrait revenir sur ce choix qui pourrait se révéler très couteux pour les entreprises aéronautiques canadiennes et le gouvernement. Lockheed Martin a déjà fait savoir qu’en cas d’annulation les contrats industriels seront transférés à d’autres pays qui font partie du programme de développement. « Je ne veux pas que ce soit perçu comme une menace, mais nous n’aurons d’autre choix, si le Canada opte pour un autre type d’avion, que de déplacer le travail effectué au Canada dans un pays acheteur de notre avion », avait affirmé en juin le directeur du développement du commerce international du F-35 de Lockheed Martin, Steve Over, cité par La Presse de Montréal. On comprend donc que ni Dassault Aviation, ni le consortium Eurofighter, ni Saab ou même Boeing n’aient vraiment envie de jouer les sparring partners au profit de Lockheed Martin alors que le coût des appels d’offres ne cesse de croître. Pour la plupart des industriels, le Canada achètera des F-35, même si un nouvel appel d’offres est lancé.

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Europe de la défense : la grande vadrouille des esprits

 

Honoré de Balzac disait que « l’illusion est une foi démesurée » : les positions françaises (de tout bord) sur l’Europe de la défense en témoignent largement.

Première illusion : croire que l’Allemagne partage avec la France les mêmes objectifs sous prétexte que Berlin est prêt à partager avec Paris quelques avions (américains) sur un tarmac (français). La vérité, écrite par les Allemands eux-mêmes, est que tout oppose les deux capitales : l’opportunité d’opérations extérieures et leurs modalités, la manière de coopérer dans la défense comme la politique d’exportation. Si Berlin affirme dans son Livre Blanc qu’il est prêt à devenir nation-cadre d’une coalition, c’est le Bendlerblock qui parle, et non le Bundestag qui a le dernier mot. Si l’industrie allemande souhaite coopérer, c’est en position de force comme on l’a vu depuis 14 ans chez EADS/Airbus et comme Nexter l’apprendra tôt ou tard à ses dépens.

Au demeurant, tant dans la relation militaire qu’industrielle, Berlin aime la diversité des partenariats. Il a ainsi engagé des coopérations poussées avec les Pays-Bas, la Pologne et les Pays Baltes où il règne en maître. L’Allemagne ne fait qu’appliquer aux domaines militaires et industriels la solution du fédéralisme dont elle est le pur produit, mais on semble oublier à Paris que toute fédération a une capitale. Sur l’exportation d’armement, enfin, la divergence est évidente entre une France qui en fait le prolongement de son influence mondiale et une Allemagne qui s’y refuse. Cette situation ne serait pas gênante (elle serait même profitable à nos industries de défense) si elle ne paralysait pas quelques dossiers français englués dans la dépendance des coopérations industrielles avec un Etat inconséquent qui refuse des marchés à ses produits.

Deuxième illusion : l’appui des pays d’Europe centrale, orientale et scandinave. L’achat polonais de F-16 contre le Mirage 2000 (et précisons-le : les circonstances précises de cette sélection) aurait dû pourtant déciller les yeux des dirigeants français incapable de se rendre compte que cette partie-là de l’Europe est obsédée jusqu’à la déraison par la Russie (au point de penser que Poutine est plus dangereux qu’Abou Bakr al-Baghdadi), qu’elle ne croit qu’en l’OTAN et n’achètera pour sa réassurance que du matériel américain pour les systèmes d’armes les plus sensibles (défense sol-air, aviation d’armes).

Soyons d’emblée sans illusion sur les sous-marins, ultime carotte que Varsovie ose encore brandir sous le nez de Paris. Cette chronique l’avait déjà écrit : il est vain de vouloir mourir pour Varsovie et par extension pour la partie orientale de l’Europe. Le retour de la France au sein de l’OTAN n’aura rien changé, il aura au contraire annulé la valeur ajoutée diplomatique que Paris pouvait apporter à ces pays grâce à sa médiation entre Etats-Unis et Russie.

Troisième illusion : vouloir faire l’Europe de la défense sans quelques alliés-clés. Soulignons d’emblée que Paris succombe aussi à l’hypocrisie : alors que les ministres français et allemand lançaient leur papier informel sur la relance de l’Europe (bien modeste au demeurant tant les marges de manœuvre sont étroites), le Sénat s’apprêtait à voter l’accord sur les centres d’excellence franco-britanniques dans le domaine des missiles, l’une des clés de voûte (avec le FCAS et le nucléaire) de la coopération avec Londres.

Mais cette hypocrisie, loin d’être un signe sain de réalisme, est un jeu dangereux : à vouloir maintenir des coopérations techniques et opérationnelles avec Londres sans vouloir en partager pleinement la stratégie qui en découle logiquement (à savoir un condominium franco-britannique sur la défense du continent), il existe à terme un risque funeste de découplage entre finalité et moyens, ce que souhaite justement un Berlin exclu de ces coopérations stratégiques.

Soulignons aussi dans ces calculs parisiens l’absence de l’Italie. Certes, l’industrie italienne (navale surtout) est concurrente de la nôtre, mais Rome est un allié important pour la sécurité du flanc sud de la Méditerranée (présent en Algérie et en Libye, là où nous sommes bien ancrés en Egypte) et un partenaire dans le domaine industriel (espace, missiles, drones). En tout cas, autrement plus stratégique aux yeux de la France que l’ingrate Pologne. Balzac disait, n’est-ce pas…

La Chronique de Vauban

 

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Les capacités d’emport nucléaire et le Meteor : les atouts-clés du Rafale en Inde

Les faits. Si les discussions ont mis tant de temps à aboutir c’est parce que très tôt, les négociateurs indiens s’intéressent aux capacités d’emport de l’arme nucléaire par le Rafale, contrairement aux autres avions concurrents. Cette capacité stratégique est à n’en pas douter un argument de poids en faveur du Rafale permettant à l’Inde de disposer d’un outil de dissuasion vis-à-vis de ses ennemis. Toutefois, les modalités sur ce sujet très sensible et quasiment tabou restent à définir (*).

En outre, l’Inde devrait passer commande de missiles Meteor (MBDA) considéré par les spécialistes comme une «arme de dissuasion dans le combat aérien». Il ne fait aucun doute que dans la compétition et la lutte d’influence qui oppose les Américains aux Européens, le Meteor est aussi aujourd’hui un atout majeur pour la compétitivité à l’export des avions de combat européens, donc du Rafale (*).

Le contexte. La Force aérienne indienne doit faire face aujourd’hui à une certaine obsolescence de ses matériels alors qu’elle a en face d’elle deux ennemis potentiels, la Chine et le Pakistan, dont les armées de l’Air sont considérées comme modernes. Les experts américains, notamment, estiment que la Chine sera en mesure de déployer de 300 à 400 appareils sophistiqués à partir de 2025 auxquels s’ajouteraient de 100 à 200 avions de combat pakistanais. Toutefois, aussi bien pour la Chine que pour le Pakistan et l’Inde les chiffres annoncés (nombre d’appareils total par armée de l’air) ne veulent pas dire grand-chose dans la mesure où l’on a de grande difficulté à savoir quel est l’état opérationnel exact de ces avions. La Force aérienne de l’Armée populaire de libération dispose ainsi de 866 J-7, de 80 Su-30 et de 25 Su-27. Près de 500 appareils qui pourraient lui permettre d’effectuer des attaques de saturation. La quantité plutôt que la qualité. La dissuasion ou la riposte capacitaire aurait dès lors un rôle clé dans un éventuel conflit.  B.L.

Lire à ce sujet «Le Meteor, une nouvelle arme de dissuasion dans le combat aérien», AeroDefenseNews N°136, 23 avril  2015. (*)http://indianexpress.com/article/india/india-news-india/behind-rafale-deal-their-strategic-role-in-delivery-of-nuclear-weapons-3036852/

Les principaux avions de combat en service en Chine : 130 J-11, 25 Su-27, 80 Su-30, 170 J-8, 866 J-7, 270 J-10; En  Inde: 205 Su-30MKI ‘Flanker-H’, 77 MiG-21 ‘Fishbed’, 116 MiG-21I ‘Bison’, MiG-27 ‘Flogger-J’ 116MiG-29 ‘Fulcrum’, 39 Mirage 2000 (en cours de modernization), 99 Jaguar, 5 C-130J Super Hercules (Special forces); Au Pakistan : 76 F-16 Fighting Falcon, 206 J-7, 70 JF-17 Thunder, 41 Mirage III, 64 Mirage 5.

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Point de vue : Victoire à l’exportation mais défaites nationales ?

Le succès du Rafale en Inde – comme les autres succès de nos armes ces trois dernières années – fait irrémédiablement penser au mot célèbre de Napoléon : « le plus grand péril se trouve au moment de la victoire ». Au risque de gâcher l’euphorie ambiante, cette chronique avertit qu’un succès à l’exportation n’exonère en rien le ministère de la Défense de ses devoirs industriels lesquels sont et seront toujours au nombre de trois : le maintien des compétences des bureaux d’études, la poursuite de la production et la préparation de l’avenir.

Qu’il s’agisse de Dassault Aviation (qui achève le standard F3 R en janvier 2018) ou de DCNS (qui a terminé les études sur la FREMM), l’activité des maîtres d’œuvre (et derrière tout le réseau d’équipementiers) doit être garantie par un niveau d’études constant. Le retour d’expériences des armées doit être aussi en permanence exploité par les industriels (enjeu du standard F4 du Rafale par exemple) comme les attentes du marché (FTI pour le segment naval). Il en va de même pour MBDA et Thales dont les bureaux d’études respectifs doivent être alimentés pour faire face aux nombreuses évolutions de leur secteur (anti-missile pour l’un et radar naval multifonctions à antenne active, par exemple).

La poursuite de la production n’en est pas moins importante : les forces armées sont en permanence sous-dotées en plateformes de combat (évident pour l’armée de terre – toujours sollicitée mais jamais équipée -, pour la Marine à qui manque au moins 3 frégates sans parler des patrouilleurs pour les DOM-TOM, et pour l’armée de l’Air à laquelle il manque entre 20 et 30 Rafale au-delà des tranches 4 et 5 prévues), en munitions (bombes guidées laser, missiles de tous types) et en équipements de base (lunettes de vision nocturne par exemple). Le système D, même adopté avec génie par nos militaires, a toujours été un scandale politique que les armées ont payé (en 1914, en 1940, en Indochine et en Algérie) au prix du sang. En ce sens, le succès en Inde ne peut faire oublier la grande misère des équipements et des infrastructures de nos armées en OPEX et en France.

La préparation de l’avenir, passe par un effort supérieur dans la R&T et la R&D. Le montant d’un milliard d’euros est régulièrement évoqué tant dans l’industrie que dans le milieu politique afin d’éviter des ruptures technologiques qui seront capacitaires plus tard. L’enjeu est naturellement de maintenir les compétences d’une très petite communauté scientifique : chez chaque industriel du secteur, certains domaines très particuliers mais stratégiques (furtivité par exemple) sont maîtrisés par des équipes réduites de personnes (une dizaine parfois au grand maximum). Compétences qui trouvent leur correspondance à la DGA et leur prolongement dans les armées qui, elles aussi, doivent préserver des micro-populations ultra-spécialisées mais qui maintiennent la France au niveau des grandes nations militaires et industrielles. Ces compétences expliquent, fait souvent oublié, l’attractivité française dans les coopérations bilatérales internationales. La coopération avec le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne en est la preuve.

Si, donc, les succès à l’exportation sont à chaque fois une grande victoire diplomatique, industrielle et opérationnelle,

ils ne doivent pas exonérer le gouvernement de financer sa défense nationale par le biais des trois leviers évoqués. Or, de ce point de vue, l’expérience passée tend à démontrer que grisés de ses succès export, les gouvernements oublient leurs responsabilités régaliennes et se tournent avec délectation et intérêt électoraliste vers le social. Les succès récents de DCNS, de MBDA et du GIE Rafale ne peuvent servir de prétexte à décaler ou annuler des commandes nationales (Barracuda, FREMM, FTI, Aster 30B1NT, MMP, Meteor, tranches 4 et 5 du Rafale, etc.) car les forces armées françaises ont besoin de ces programmes. L’actuel modèle d’armée n’étant pas financé suffisamment pour se maintenir indéfiniment, en éviter l’écroulement prochain passera inévitablement par une hausse plus vigoureuse que ne le proposent les candidats de droite. Le succès de la gauche à l’exportation ne peut faire oublier que sa LPM même actualisée demeure une LPM de survie. Le 13 septembre dernier, le général de Villiers demandait un «effort de guerre» de 2% du PIB hors pensions durant le prochain quinquennat : espérons que la rafale de contrats à l’export ne fera pas oublier l’avertissement de Napoléon, faute de quoi l’exportation aura été un mirage de courte durée.

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Atteindre 2% du PIB pour la défense est devenu un plancher et non plus un objectif

Union et mobilisation politique autour des questions de défense. Gauche et droite convergent sur la nécessité de relever les dépenses militaires. «Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la vie internationale avec un renforcement des menaces existantes et l’apparition de nouvelles menaces» : voilà pour le contexte géopolitique résumé par Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Une nouvelle époque impliquant un effort supplémentaire de l’Etat pour le budget de la défense, hors pensions, afin de disposer d’un modèle d’armée (Terre, Air, Mer, Cyber et Espace) en mesure de préparer et de conduire les opérations à l’intérieur et à l’extérieur de la France.

Les discussions sur le niveau et les efforts à consacrer au prochain budget de la défense, se sont dernièrement focalisées sur le chiffre clé de 2% du PIB. Il est désormais admis par tous que ce chiffre, hors pensions, est un plancher et qu’il faudra le revoir à la hausse, ou à la baisse, en fonction des évènements qui pourraient intervenir sur le territoire français.

Le budget français de la Défense atteint aujourd’hui 1,8% du PIB, pensions comprises. «Jusqu’à la fin de mon mandat, ma priorité sera la sécurité des Français », a promis le Premier ministre Manuel Valls qui a estimé que le pays allait devoir continuer à augmenter son budget de la défense, face à la menace terroriste, pour atteindre 2% du (PIB), et «peut-être plus». «L’objectif des 2% qui est donné est atteignable. Il faut ce niveau», a-t-il déclaré lors de la 14è l’Université d’été de la Défense. De son côté, la présidente de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale, Patricia Adam (PS), a jugé que l’horizon de la prochaine loi de programmation militaire (2019-2024) semblait «très raisonnable» pour atteindre 2% du PIB. «Avec une augmentation progressive de 500 millions d’euros par an, cet effort supplémentaire ne paraît pas inatteignable», a-t-elle déclaré. « Nous sommes face à des bandes armées qui veulent se conduire comme des Etats et des Etats qui se conduisent comme des bandes armées ». Voilà la nouvelle donne à laquelle doivent faire face les armées telle que résumée par le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des Armées, s’exprimant lors de ces 14è Universités d’été. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme, c’est son rôle, sur l’état des forces françaises et sur leur «usure». «Le budget doit augmenter de 32,7 milliards actuellement à 41 milliards en 2020», a-t-il assuré, en insistant sur le fait qu’il s’agit seulement de mettre en cohérence les moyens avec les opérations demandées.

Quel que soit le futur chef de l’Etat en 2017, il devra trouver de nouvelles ressources pour le budget de la Défense. La loi de programmation militaire prévoit, par exemple, la mobilisation de 12 avions de chasse, mais l’engagement de la France en Syrie, au Sahel, en Irak et dans le cadre de l’Otan se traduit par l’emploi permanent de 20 chasseurs. A aucun moment le législateur n’avait anticipé l’opération Sentinelle et la mobilisation permanente de 7.000 à 10.000 soldats dans l’Hexagone… « Nous sommes une grande armée, respectée, mais elle s’use, je ne vois pas que nous puissions continuer comme cela», a insisté le général de Villiers.

Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, s’est voulu plus terre à terre en rappelant quelques obligations à venir du budget de la Défense comme le renouvellement de la dissuasion française qui a un coût : de l’ordre de 5 à 6 milliards d’euros d’ici à 2030 (rénovation indispensable des SNLE et des vecteurs balistiques). Sans oublier le financement du budget de la recherche… Enfin, nombreux sont ceux aujourd’hui à réclamer un service national ou civique, oubliant de préciser comment et par quel(s) ministère(s) il sera financé. Sans esquiver la prise en charge des djihadistes français engagés en Syrie et en Irak et de retour en France _ le nombre est estimé au minimum à 700 individus _, aura un coût très élevé. «2% c’est le plancher de notre souveraineté», a tranché Jean-Pierre Raffarin, président de la Commission des Affaires étrangères et de la défense au Sénat. Soit. Mais comme le rappelle Laurent Collet-Billon, «soit il y a de la ressource (financière, ndlr), soit il n’y en a pas et alors nous ne pourrons pas avoir les moyens de nos ambitions». Cruellement terre à terre le DGA.

A ne pas manquer. Dans le prochain numéro d’AeroDefenseNews daté du 29 septembre l’entretien exclusif d’Yves Fromion, Député de la 1ère circonscription du Cher, membre de la Commission de la Défense à l’Assemblée Nationale.

 

 

 

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Après le Brexit, quel avenir pour l’Europe de la Défense ?

«L’objectif doit être de porter l’effort de défense à 2 % du PIB, ce pourcentage étant le seuil minimal fixé par l’OTAN », insistent les députés Joaquim Pueyo et Yves Fromion dans un récent rapport (*). Les États-membres, à la seule exception du Royaume-Uni, sont aujourd’hui loin d’atteindre ce seuil, y compris pour les pays les plus impliqués en matière de Défense. C’est ainsi que, selon le ministère de la Défense, en 2014, si les États-Unis consacraient 3,4 % de leur PIB à la Défense (hors pensions), ce pourcentage n’atteint que 1,5 % en France et en Pologne et seulement 1,1 % en Allemagne. Au niveau de l’Union, les dépenses consacrées à la Défense ne représentent que 1,2 % du PIB. « Il va sans dire que sans un effort supplémentaire, l’Union européenne ne pourra jouer un rôle majeur sur la scène internationale, ni atteindre les objectifs fixés par la nouvelle stratégie ».

Même si l’année 2015, marquée par les attentats de Paris, la multiplication des crises et la montée générale de l’insécurité internationale, a vu les budgets consacrés à la Défense augmenter dans plusieurs États-membres, notamment en Allemagne, en Pologne et dans les Pays Baltes, il est évident que les États-membres ne pourront pas seuls, indépendamment les uns des autres, mobiliser les sommes considérables qu’exigent les programmes d’armement modernes.

C’est pourquoi la Stratégie devra réaffirmer la nécessité d’une coopération entre les États-membres, à la fois pour identifier les lacunes capacitaires (parmi lesquelles le ravitaillement en vol, les transports intra-théâtre…) et développer leurs capacités respectives selon une programmation cohérente. L’Agence européenne de Défense (AED) aura un rôle majeur à jouer dans la mise en oeuvre de cette politique de renforcement en commun des capacités de Défense de l’Union. Le rôle de l’AED est également important en matière de recherche puisqu’elle est en charge de l’Action préparatoire du futur programme de recherche européen consacré à la Défense et à la sécurité à partir de 2021.

D’une manière générale, 20 % des 2 % de PIB consacrés à la Défense devraient l’être à la recherche et au développement, à la fois pour améliorer l’efficacité des armements mais également pour soutenir l’industrie européenne de Défense. En effet, si le renforcement des capacités de Défense européenne a pour objectif l’autonomie stratégique de l’Union, cette dernière serait réduite à néant si les Européens devaient se fournir à l’étranger – notamment aux États-Unis, faute d’une industrie européenne performante. Préserver les capacités industrielles de l’Union en matière de Défense et de sécurité doit aussi être un objectif mentionné en tant que tel dans la stratégie.

(*)Assemblée nationale. Rapport d’information sur la nouvelle stratégie européenne globale en matière de politique étrangère et de sécurité par Joaquim Pueyo et Yves Fromion.

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MRTT : Airbus vise 85 ventes d’ici à 2025

L’A330 MRTT d’Airbus se porte plutôt bien avec 49 commandes de la part de 7 nations (*), soit 85 % du marché mondial. Vingt-sept ravitailleurs MRTT sont aujourd’hui en service dans 4 armées de l’Air (Emirats arabes unis, Arabie Saoudite, Australie, et Grande-Bretagne). Il s’agit d’un marché certes étroit, mais à forte valeur ajoutée. Et les perspectives de ventes sont au vert : 85 commandes au cours des dix prochaines années dont 25 avions pour la zone Asie-Pacifique, 25 pour le Moyen-Orient, 20 appareils en Europe et 15 pour le Canada et les pays d’Amérique Latine. A cela pourrait s’ajouter une « nouvelle » commande des Etats-Unis alors que Boeing est à la peine (délais et surcoûts) avec son pro­gramme d’avions ravitailleurs KC-46 Pegasus destinés à l’US Air Force. Dans le cadre de ce contrat de $49 milliards initialement remporté par Airbus, Boeing doit fournir 179 appareils KC-46. Les 18 premiers avions devaient être livrés d’ici août 2017 mais ils ne le seront désormais que progressivement jusqu’en janvier 2018 sans être pleinement opérationnels avant octobre de cette même année. La porte du Pentagone n’est pas fermée pour Airbus. « Le Pentagone nous a fait le plus beau cadeau en nous accordant ce contrat en expliquant que notre avion était le meilleur, puis, en nous le retirant pour le donner à Boeing et sans expliquer pourquoi ! », s’amuse un familier du programme européen. (*) Australie, France, Emirats arabes unis, Arabie Saoudite, Corée du Sud, Singapour, Grande-Bretagne.

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Gare à la politique de l’autruche ! La chronique de Charlemagne

Il est devenu de bon ton de brocarder l’Union européenne et d’afficher son scepticisme quand on prête encore à celle-ci des ambitions dans le domaine de la défense. Quatre réalités alimentent à Paris ce moulin des eurosceptiques :

L’impression de surplace donnée par les initiatives prises pour donner de la substance à l’agenda militaire de l’Union Européenne.

La recrudescence des opérations extérieures où la France est engagée qui nourrit un discours centré sur l’autonomie et la souveraineté.

Les succès remportés par l’industrie française à l’exportation qui confortent ce sentiment d’indépendance et de supériorité.

Les difficultés rencontrées par les gros programmes d’armement en coopération en phases de développement comme de production.

Cette situation se trouve, en outre, exploitée par une phalange europhobe qui, croyant invoquer les mânes du Général de Gaulle, en profite pour remettre au goût du jour une vision foncièrement nationaliste de la politique de défense. Il semble loin le temps où un Livre Blanc formulait comme une incontestable évidence la théorie des trois cercles, dont celui de la dépendance mutuelle acceptée entre partenaires européens. Certains, y compris au niveau politique, veulent malgré tout y croire et, pour illustrer la vitalité de l’Europe de l’armement, citent avec conviction la coopération franco-britannique ou – depuis 15 ans… -, le projet de drone de surveillance européen. D’autres enfin déplorent la faiblesse des budgets militaires de nos partenaires, faisant mine de croire que l’augmentation de la dépense va favoriser les rapprochements alors que la logique suggère plutôt l’inverse. La vérité, c’est que l’autruche et Gribouille sont les géniteurs de ces positions à courte vue :

Nos succès à l’exportation sont naturellement un élément très positif pour nos entreprises et notre balance commerciale. A l’échelle de la programmation, ce n’est pourtant qu’une poire pour la soif. La preuve en est que pour honorer les commandes les plus importantes, on prélève des matériels destinés aux armées françaises que la LPM ne permet plus de financer.

La coopération bilatérale avec le Royaume-Uni est un acquis indiscutable. Force est cependant de reconnaître qu’elle est antinomique de toute avancée européenne élargie à d’autres pays, puisque, BREXIT ou pas, Londres y est hostile. On ajoutera que le Traité de Lancaster House est construit sur un respect absolu des souverainetés nationales, interdisant en pratique toute initiative ne respectant pas un strict équilibre entre les deux partenaires.

Les causes des déboires rencontrés dans les programmes en coopération sont connues : empilement des exigences techniques, gouvernance éparpillée du pilotage étatique, accord entre industriels fondé sur le juste retour. Etrangement, ces maux sont d’ailleurs en germe dans le projet de drone qui se met actuellement en place entre la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne…

La difficulté de mise en œuvre des projets à plusieurs ne suffit pas à en démontrer l’inanité : il est en effet acceptable qu’ils soient plus coûteux dès lors qu’ils permettent à chacun des participants de réaliser une économie par rapport à une solution nationale. Grisé par les récents succès du Rafale à l’export, on oublie parfois un peu vite à Paris que l’Eurofighter a été vendu à ce jour à plus de 700 exemplaires…

Quant aux problèmes techniques rencontrés par l’A400M, ils sont somme toute assez comparables à ceux qui affectèrent l’entrée en service d’aéronefs militaires d’une complexité équivalente : l’urgence du besoin opérationnel et la dimension multinationale de ce programme en amplifient simplement la perception.

L’équation budgétaire enfin est simple, même si les succès à l’export ont retardé un peu le couperet qui nous menace : les industriels du secteur viennent de diffuser un argumentaire mettant en évidence la nécessité impérieuse, pour maintenir leurs capacités, de porter le budget d’équipement du ministère de la défense de 17 à 24 milliards d’Euros. Cette revendication sera abordée dans le cadre de la campagne présidentielle : il n’est pas certain qu’elle reçoive un accueil unanimement positif…

Oui, la coopération est ‎une solution pour répondre à nos besoins capacitaires, à condition de fonder les programmes sur des règles saines, respectant l’impératif d’efficacité industrielle et laissant aux entreprises la responsabilité des choix critiques. « La coopération est ‎une solution pour répondre à nos besoins capacitaires, à condition de fonder les programmes sur des règles saines, respectant l’impératif d’efficacité industrielle et laissant aux entreprises la responsabilité des choix critiques ».

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Guillaume Faury(*) : «Aujourd’hui les hélicoptères sont le facteur clé du succès des opérations militaires» (*)Président d’Airbus Helicopters

Vos hélicoptères sont aujourd’hui engagés en OPEX, quels sont les retours d’expérience ?

Je note que là où nos hélicoptères sont engagés, que ce soit sur des terrains de défense ou de sécurité, et ils le sont beaucoup en ce moment, les hélicoptères sont le facteur clé du succès des opérations militaires. Les principales forces armées et de sécurité considèrent qu’elles ne peuvent plus opérer sans soutien, sans appui ou sans capacité des hélicoptères pour des missions d’appui, de combat, de reconnaissance ou de coordination.

Dans le domaine militaire, la guerre devient asymétrique, hybride, avec un besoin de déployer rapidement des forces, des compétences et des moyens sur des zones mal préparées et avec très peu de temps pour réagir. Pour cela, il faut des moyens héliportés capables d’opérer dans un environnement hostile, de jour comme de nuit, et par tous les temps. Pour résumer, être capable de déployer des troupes, de se replier, d’amener des moyens et d’être en soutien des forces terrestres ou aériennes. Le principal enseignement que j’en retire c’est que ce qu’on voyait poindre depuis une décennie ou deux sur les spécifications et les capacités des hélicoptères nous l’avons aujourd’hui en grandeur réelle et tous les retours d’expérience, formels ou non, que nous avons avec nos clients confirment que les matériels que nous avons conçus et développés il y a quelques années sont aujourd’hui non seulement appropriés mais totalement indispensables pour réussir les opérations.

Second enseignement, les conditions d’emplois des moyens sont très exigeantes, en termes d’environnement (météorologie, vols jour/nuit, faibles moyens pour soutenir les machines, etc.) et soumettent les hélicoptères à des contraintes très fortes. Donc, la capacité de l’organisation pour le soutien des machines sur les bases arrière en France ou en Europe est un défi pour les forces et nous avons un rôle à jouer très important dans ce domaine. Des groupes de travail tant en France qu’en Allemagne se sont d’ailleurs mis en place pour plancher sur ces sujets clés. Nous sommes passés d’une époque où les clients étaient très exigeants sur l’acceptation des moyens à une époque où ils sont devenus plus exigeants sur la disponibilité de ces moyens qui doit être très très élevée.

Quelles sont les évolutions demandées par les opérationnels ?

Avec nos clients militaires, la demande d’évolutions techniques est permanente. Je noterai tout d’abord la disponibilité des matériels, loin des bases avec des niveaux de fiabilité très élevés pour une utilisation maximale. Cette nécessité opérationnelle entraîne d’ailleurs une remise en cause de certaines missions au sein des Armées qui s’interroge sur la nécessité de conserver ou non des fonctions de logistique, de maintenance ou de formation de base et de se focaliser uniquement sur leurs missions opérationnelles. C’est une tendance lourde et de plus en plus de clients militaires viennent nous voir pour explorer tout ce qui peut-être sous-traité avec des exigences de performances très élevées.

La chaîne NH-90 de Marignane est-elle menacée, faute de ventes export ?

Nous sommes à la moitié du programme et nous allons gagner d’autres affaires dans l’avenir. Le programme NH-90 n’est pas du tout en souffrance aujourd’hui, c’est au contraire un programme qui est en phase de maturité industrielle. Nous avons livré 290 machines à ce jour sur un total de 540. Le carnet de commandes du NH-90 est donc très important et nous ne sommes pas du tout dans un mode préparatoire d’arrêt de la chaîne NH-90.

Propos recueillis par Bruno Lancesseur. Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans la lettre AeroDefenseNews. Abonnement : aerodefensenews@gmail.com

 

 

 

 

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Présidentielle de 2017 : mobilisation des industriels de la défense

Les industriels français de la défense réunis au sein du Conseil des Industries de Défense Françaises (CIDEF) se mobilisent en vue de la prochaine élection présidentielle et ils comptent bien sensibiliser les candidats aux enjeux et aux défis qui attendent ce secteur si les crédits ne suivent pas. Dans un projet de « note blanche » qu’AeroDefenseNews a pu consulter, les industriels estiment qu’un « effort minium à 2% du PIB» est la seule «réponse à la situation actuelle». «L’exemple  britannique montre qu’un sous-investissement chronique et un sur-engagement des forces et de leurs capacités conduisent à terme à une fragilisation de l’outil de défense et à la perte de capacités majeures. Pour y remédier, le Royaume vient d’annoncer un plan majeur d’acquisitions», rappellent les membres du CIDEF. De même, l’Allemagne s’est décidée à accroître son budget de la défense.

Le CIDEF souligne que le budget consacré à l’équipement des forces d’un montant de 17 milliards en 2016 dont 1,1 md pour les infrastructures, 3,6 mds pour le MCO, 3,5 mds pour la dissuasion et 9 mds pour les équipements conventionnels (étude, développement et production) est en recul de 26% par rapport à 1990…Ce budget, jugé insuffisant nécessite «un effort substantiel» qui «doit être engagé à très brève échéance compte tenu des opérations à lancer, sauf à décider l’abandon partiel de l’autonomie stratégique sur des segments capacitaires», soulignent les industriels dans ce projet de note.

Le CIDEF avance quelques pistes comme la progression programmée des efforts dans la dissuasion de 3,5 mds à 5 ou 6 mds pour assurer le renouvellement des SNLE et des vecteurs, l’augmentation du MCO de 3,6 mds à 4,5 mds pour des équipements dont le vieillissement a été poussé au maximum et du fait de l’usure accélérée par un engagement très élevé en OPEX (MCO véhicules et hélicoptères). Le CIDEF espère également une reprise des livraisons de Rafale et la poursuite des livraisons dans le cadre des programmes en cours (FREMM, Barracuda, A400M, NH90, Tigre, notamment), soit un budget de 10 mds. Tous ces contrats ont déjà été renégociés à deux reprises et n’offrent plus de marges de manœuvre.

«L’effort de défense hors pension doit être rapidement porté à 2% du PIB afin, tout en améliorant la condition des personnels et en finançant les opérations extérieures et intérieures, de consacrer au minimum 24 mds par an aux équipements et à la préparation du futur», résume le CIDEF. Tout est dit dans ce projet de note qui devrait servir de feuille de route aux candidats à la Présidentielle de 2017. Pour mémoire, si cela est encore nécessaire, l’industrie de défense en France génère un chiffre d’affaires de 18 mds pour 165.000 emplois directs et indirects.

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L’Europe de la défense en ordre dispersé, jusqu’à quand ?

Le Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles le 1er juillet prochain revêt une importance toute particulière pour l’industrie européenne de la défense. En effet, des débats qui se tiendront pourraient ressortir quelques orientations stratégiques clés liées aux ambitions des Européens dans le domaine de la défense et le rôle que les pays de l’Union européenne voudront bien jouer pour relancer, une fois de plus, diront les pessimistes, les bases d’une Europe de la défense. Pourtant, même avec un optimisme mesuré, force est de constater que la construction de l’Europe de la défense s’enlise et qu’elle déçoit faute de résultats tangibles. Cela, alors que la diplomatie de la Russie inquiète les capitales européennes, que les menaces dans le monde augmentent et que la Chine construit patiemment les bases de sa future suprématie qui ne concerne pas seulement le Pacifique. La Marine chinoise, étroitement surveillée par les Etats-Unis, est présente sur tous les Océans et même en Mer du Nord, très loin de ses bases, ce qui est assez nouveau.

Raison de plus pour ne pas baisser les bras et rester optimiste. Le contexte change, et les Européens seraient bien inspirés de définir a minima un positionnement dans le domaine de la défense en Europe en termes d’autonomie stratégique, d’ambition et de capacités. Face à crise en Syrie et en Irak, à la situation préoccupante en Afrique, et à la poussée de la Russie à l’est de l’Europe, les capitales européennes ont réagi en ordre dispersé et l’on a assisté à une cacophonie peu glorieuse qui contribue à ternir l’image que l’on peut se faire de l’Europe unie. « Aujourd’hui, il s’agit de brosser une grande vision de la politique étrangère, de défense et de sécurité, de définir plus largement une stratégie d’action extérieure», expliquait récemment devant la Commission de la défense nationale Nicole Gnesotto, présidente du Conseil d’administration de l’IHEDN. Et elle ajoutait : « L’Union européenne n’a pas besoin d’une stratégie globale de sécurité où tous les sujets sont abordés : commerce, aide humanitaire, affaires étrangères… A l’inverse, elle a besoin d’une stratégie unique en vue d’assurer une sécurité globale, en abordant la sécurité dans toutes ses dimensions ».

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La Russie prête à récolter les fruits de son intervention en Syrie

Les faits. Retour sur investissement. Grâce à la réussite de l’opération réalisée par les forces armées de Moscou en Syrie, la demande des armes russes a considérablement augmenté. Dans les années à venir, la Russie pourrait signer des contrats d’un montant total de $6 à 7 milliards. D’après le quotidien économique russe Kommersant , la Russie a dépensé quelque 400 millions d’euros pour la campagne militaire en Syrie. Un investissement à relativiser puisque ces dépenses avaient été inscrites au budget et étaient prévues pour des exercices et des entraînements militaires.

Dans un premier temps, en Syrie, les forces aériennes russes s’appuyaient sur du matériel militaire éprouvé, comme des bombardiers Su-24M modernisés ou des chasseurs du type Su-25SM. Par la suite, des bombardiers tactiques Su-34, des avions de combat Su-30SM et de nouveaux Su-35S ont été utilisés. Des hélicoptères de différents types ont été transportés sur la base aérienne russe de Hmeimim, et celle-ci a été protégée par des systèmes de défense antiaérienne Pantsir S1, Bouk-M2 et S-400 Triumph. Pour les attaques militaires contre les cibles, une bombe guidée de type KAB-500S a été utilisée. Des missiles de croisière étaient également prévus afin de surmonter la défense antiaérienne de l’ennemi. Les frappes réalisées par le système de missiles multi-rôles Kalibr de la mer Méditerranée et de la mer Caspienne ont aussi montré le potentiel du matériel russe.
Ainsi, en décembre 2015, l’Algérie a émis un fort intérêt pour 2 bombardiers Su-34. D’après les chiffres provisoires, le montant de ce contrat est de $500 à $600 millions.

De plus, l’Indonésie, le Vietnam et le Pakistan envisagent d’acheter des Su-35S. Le montant total des contrats s’élèverait à $2,5 milliards de dollars. Les hélicoptères Ka-52 Alligator ont également suscité beaucoup d’intérêt: l’Égypte a déjà signé un contrat pour 46 machines dont la livraison est prévue en 2017. L’apparition de S-400 en Syrie intéresse l’Arabie Saoudite et l’Inde. Ces deux pays ont déclaré qu’ils achèteront chacun de quatre à six systèmes S-400 pour un montant total de $2 à 3 milliards de dollars.

Commentaire. Après cinq mois et demi de frappes aériennes et d’opérations terrestres en Syrie, comment interpréter la décision soudaine du président russe Vladimir Poutine de retirer la majeure partie de ses troupes engagées dans la guerre contre le terrorisme au Proche-Orient et quel bilan aura laissé cette opération militaire d’un type inédit ? La Fédération de Russie a réinventé le concept de « corps expéditionnaire », en l’allégeant au maximum, tout en lui conférant une puissance de feu inédite. La différence avec les opérations occidentales, de type guerre du Golfe, réside dans la légèreté du dispositif, le caractère robuste des appareils, la variété des munitions utilisées et la polyvalence des avions. De plus, cette opération aurait coûté moins de $1 milliard. Surtout, Moscou a démontré aux capitales européennes, à Pékin et à Washington qu’elle avait restauré sa capacité à frapper des cibles à des milliers de kilomètres de ses bases. Les tirs de missiles à partir de petits navires en mer Caspienne ou de sous-marins Kilo en Méditerranée ont eu un effet niveleur de l’hégémonie américaine sur les missiles tactiques de longue portée. D’ailleurs, cette capacité longue distance a certainement beaucoup plus impressionné les militaires occidentaux que les troupes de Daesh.

La Russie conserve ses postes avancés en Syrie sur terre, sur mer et dans les airs d’autant qu’elle va laisser sur place bon nombre de matériels avec les hommes et les instructeurs qui vont avec, à l’instar de ce que font les Etats-Unis. Et maintenant ? Dans le camp occidental, la surprise de l’annonce du retrait russe de Syrie a eu pour effet de tétaniser les décideurs politiques. De, plus Vladimir Poutine a ordonné à ses généraux de frapper sans trop s’occuper des dommages collatéraux, ce qu’ils ont fait. Et, quoi qu’en disent les âmes sensibles, on se souviendra dans les manuels d’histoire que l’expédition russe en Syrie a été le tournant initiant la déroute de Daesh. Vladimir Poutine a obtenu par cette démonstration de force ce qu’il désirait : conserver son emprise en Syrie et montrer à ceux qui en doutaient encore qu’il faut compter avec la Russie. C’est chose faite.

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Ariane 6 : le défi de la réduction des coûts de production

Livrer une Ariane 6 dont les coûts de production vont être divisés par deux par rapport à Ariane 5 est un défi pour les industriels européens du secteur spatial. « Nous avons adopté les mêmes principes de travail que dans les autres secteurs industriels (avions commerciaux et automobile), c’est le mode d’entreprise étendue. Nous avons créé une filière d’excellence en termes de production et nos principaux partenaires travaillent avec nous sur le design», explique Patrick Bonguet, directeur du programme Ariane 6 chez Airbus Safran Launchers (ASL). Auparavant, chaque pays voulait avoir son morceau du lanceur, notamment les grandes viroles métalliques dont la fabrication ne demande pas trop de technicité et que tout le monde sait faire en Europe. Elles sont désormais réalisées chez MTA. Donc, ASL pousse à une plus grande spécialisation afin que les moyens de fabrication soient utilisés de manière optimum et pas seulement quelques jours par mois. «De plus, précise Patrick Bonguet, nous n’avons plus de sous-traitants mais des partenaires ». Le maître d’œuvre ASL n’impose plus une réduction de 10% des coûts mais discute en permanence avec ses partenaires sur la façon dont les deux entités vont atteindre cet objectif de réduction des coûts. Cette nouvelle organisation, ce nouveau dialogue, et l’intégration plus poussée va permettre de réduire les doublons des contrôles à chaque transfert en Europe et à Kourou : avec Ariane 6, ASL va livrer à Arianespace en Guyane un lanceur prêt à être lancé. Les ultimes contrôles seront effectués sur le pas de tir durant 6 jours.

Autre innovation, l’intégration du lanceur se fera, comme le Falcon 9 de Space X, de manière horizontale sur le site des Mureaux et à Kourou, puis le satellite sera encapsulé dans la coiffe 48 heures avant le tir, puis intégré au lanceur sur le pas de tir. Pour quels avantages ? Pour l’intégration horizontale, fini les « bâtiments cathédrales » de dizaines de mètres de hauteur avec des ponts roulants, des systèmes de ventilation. Un « hangar » de taille modeste suffira, comme chez Space X. Enfin, « lorsque l’ensemble est horizontal les problèmes sont plus visibles, plus accessibles et ils peuvent donc être traités plus rapidement », indique-t-on chez ASL. En outre, cette approche permet de créer un flux de production comme pour les voitures et les avions commerciaux. Un exemple : l’intégration des deux étages à liquide qui arrivent des Mureaux et de Brême sera réalisée en trois jours au lieu d’un mois aujourd’hui pour Ariane 5. Relever les défis de l’industrialisation d’Ariane 6 est crucial pour l’autonomie de l’Europe spatiale. Le lanceur doit passer son « examen » de passage en juin prochain auprès de l’Agence spatiale européenne avec comme objectif une réduction de 50% du prix en orbite par rapport à Ariane 5, l’absence d’aides publiques pour les lancements commerciaux ainsi qu’une adaptation et une flexibilité aux missions spatiales de demain. Le défi n’est pas mince : avec Ariane 6, ASL promet de proposer d’emporter des charges utilises deux fois plus grosses (en masse) pour un prix deux fois moindre comparé au Falcon 9 de Space X. Les clients sont séduits, semble-t-il, par ce défi.

 

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Comment MBDA évolue dans un environnement contrasté et hyperconcurrentiel

Aller hors d’Europe, exporter et développer les partenariats : telle est la feuille de route fixée par Antoine Bouvier, CEO de MBDA (*). L’Europe ne suffit pas à assurer la taille critique pour une entreprise de défense même pour une entreprise qui à une position de leader sur ce marché. Cette taille critique ne peut s’obtenir qu’en allant hors d’Europe. C’est le mot d’ordre d’Antoine Bouvier depuis qu’il est à la tête du missilier européen MBDA et cette stratégie porte ses fruits. Les développements des activités à l’export et les partenariats avec des acteurs non européens ont permis à MBDA d’enregistrer un très bon niveau, «sans équivalent», des prises de commandes en 2015 (5,2 milliards d’euros). «Cela nous permet d’envisager une croissance de l’activité et de la maintenir par rapport à nos concurrents américains», souligne Antoine Bouvier. Quant à l’Europe, elle ne représente que 20% du marché mondial des missiles, hors Russie et Chine, les Etats-Unis s’accaparant de 40 à 50%, selon les budgets et les engagements militaires américains. «Ce qui signifie qu’il n’y a pas de place en Europe pour deux champions de taille mondiale dans le domaine des missiles», précise Antoine Bouvier, selon lequel «même MBDA qui bénéficie pourtant d’une position solide en Europe n’a pas la taille pour sécuriser ses positions face à ses concurrents européens».

Autre point de la stratégie de MBDA, être présent sur l’ensemble des segments de marché et être toujours à l’écoute de ses clients nationaux (Grande-Bretagne, France, Allemagne et Italie) afin de leur fournir ce qu’ils demandent en termes de capacité missiles. «Il ne doit pas y avoir un domaine où nous n’avons pas une offre correspondant à leurs besoins», insiste Antoine Bouvier.

Un missile franco-britannique pour en remplacer quatre ! Le Sommet franco-britannique qui s’est déroulé à Amiens dernièrement a pris dans le domaine de la défense un certain nombre de décisions majeures qui intéressent particulièrement les activités et la stratégie de MBDA. L’une des ces décisions concerne directement le missilier dans sa composante britannique et française : c’est l’annonce de la signature d’une SoI (Statement of Intent) pour lancer une phase de concept sur le FC/ASW (Future Cruise/Anti Ship Weapon) qui est le successeur franco-britannique commun du Scalp, du Storm Shadow, de l’Exocet et du Harpoon. « Certes, ce programme n’est pas nouveau puisque, déjà, lors du Sommet de Lancaster House de 2010 les deux pays avaient identifié les besoins de la frappe en profondeur, les capacités antinavires de nouvelle génération et le remplacement du Scalp et du Storm Shadow par une coopération franco-britannique, mais depuis 2010 nous n’avions travaillé qu’avec des budgets limités qui ne nous avaient pas permis d’avancer », résume Antoine Bouvier.

Cette phase d’étude devrait durer trois ans à partir de 2017 avec un budget de 100 millions d’euros pour les deux pays afin d’identifier les solutions techniques et la convergence des besoins opérationnels des Français et des Britanniques.

Autre élément clé discuté à Amiens, la volonté politique exprimée des deux pays de poursuivre dans la voie de la spécialisation et de l’organisation de la dépendance mutuelle avec pour la partie MBDA la mise en place de quatre centres d’excellence en 2015 auxquels s’ajouteront deux autres centres cette année au profit de programmes français et britanniques. De plus, fin 2015, la France et la Grande-Bretagne ont signé un Traité, ratifié à Londres et dans quelques semaines à Paris, qui organise dans le périmètre de MBDA cette spécialisation à la fois sur les besoins nationaux des deux pays et sur les règles d’exportation des missiles. «C’est le premier Traité de ce type dans l’Europe de la défense organisant entre deux pays une spécialisation de la base industrielle. C’est un évènement absolument majeur et fondateur pour l’Europe de la défense», insiste Antoine Bouvier.

 

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La panoplie militaire des Russes en Syrie

L’opération militaire lancée par Moscou en Syrie permet à l’industrie russe de la défense de mettre en avant ce qu’elle considère comme des «armes de pointe». L’armée gouvernementale syrienne a reçu de nouvelles armes « made in Russia », entre autres des fusils d’assaut AK-104, des gilets pare-balles, des casques, des véhicules blindés Tigr et UAZ Patriot, des fusils de précision VSS Vintorez, des chars T-90, des canons Msta-B et des camions militaires KAMAZ 63501 et Ural-4320. Les chasseurs-bombardiers multi-rôles Sukhoi Su-35 participent à l’opération en Syrie depuis son lancement en septembre 2015. Ce chasseur a été livré à l’armée russe en 2015. En février 2016, quatre nouveaux chasseurs monoplaces Su-35S sont arrivés à la base de Hmeimim. Ces avions de génération « 4++ » intéressent l’Algérie, le Vietnam, l’Indonésie et la Chine. Quatre navires lance-missiles de la flottille russe de la Caspienne ont tiré simultanément 26 missiles Kalibr-NK 3M-14 contre 11 « sites terroristes » en Syrie fin 2015. Les missiles ont franchi une distance de 1.500 km pour atteindre leurs cibles. Selon les médias russes, la portée de ces missiles est de 350 km pour les cibles navales et de 2.600 km pour les cibles terrestres. Le bombardier stratégique Tupolev Tu-160 Cygne blanc (Otan: Blackjack) a connu son baptême du feu en Syrie. Destiné à effectuer des frappes nucléaires au moyen de missiles de croisière de longue portée, cet avion a une autonomie de vol de 14.000 km. En Syrie, les Tu-160 ont pour la première fois largué des bombes guidées KAB-500 et tiré des missiles à guidage laser Kh-29L ainsi que des missiles balistiques de précision Kh-101. Le nouveau système lance-roquettes russe TOS-1A Solntsepek (« Grand soleil ») a été utilisé hors Russie pour la première fois en en Syrie. Ce système tire des roquettes « thermobariques » dont l’ogive (30 kg) contient un réservoir de liquide volatil. Une salve de Solntsepek couvre une superficie de 4 hectares. Le blindé de transport de troupes BTR-82A1, doté d’un canon automatique de 30 mm et d’une mitrailleuse de 7,62 mm a aussi été testé au combat en Syrie. Il est en service opérationnel dans l’armée russe depuis 2013.

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Pourquoi Airbus Group renonce à vendre sa filiale Airbus DS Electronics and Border Security GmbH

La cession des activités Border Security n’est plus d’actualité. Dans le cadre de la revue stratégique de son portefeuille d’activités, Airbus Group avait pris la décision de céder les activités électroniques de défense et de sécurisation des frontières. Cette décision se fondait sur la non-adéquation de ces activités avec la vision d’Airbus «We make it fly». Mais Airbus DS Electronics and Border Security GmbH a décidé d’exclure l’entité «Border Security » des actifs à céder et de la maintenir au sein de la Division. Airbus prévoit de créer pour ces activités une entité directement rattachée au CEO d’Airbus Defence and Space. Outre le fait que ces activités sont déficitaires, il s’agit de contrats ultra-sensibles signés notamment avec l’Arabie Saoudite le Qatar et l’Algérie…. Trois clients qui auraient fait savoir à Airbus qu’ils allaient regarder de très près le nom et l’origine du repreneur…Pas question pour eux, en effet, de voir des fonds d’investissement américains ou une société israélienne reprendre ces activités et son savoir-faire. Ces trois clients ont donc demandé des garanties de confidentialité à Airbus. Enfin, Airbus DS Electronics and Border Security GmbH serait dans le viseur de la justice allemande. Beaucoup de raisons donc qui rendent très complexes une reprise. En revanche, la cession des activités électroniques de défense pourra désormais être menée à bien comme initialement prévu.

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Ryad bloque la deuxième phase du contrat DONAS

L’Arabie saoudite a interrompu son aide de $3 milliards à l’armée libanaise et suspendu le reste d’un financement d’1 milliard destiné aux forces de sécurité libanaises, pour protester contre les prises de position hostiles à son égard « inspirées par le Hezbollah », selon la presse de Beyrouth. L’Arabie saoudite reproche au Liban de ne pas avoir condamné les « agressions » contre les représentations diplomatiques saoudiennes en Iran au sein de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). C’est une très mauvaise nouvelle pour les industriels français de la défense. En effet, le programme d’aide saoudien à l’armée libanaise prévoit la livraison d’armements français. Certains équipements ont été livrés et une deuxième livraison était prévue au printemps 2016, comme l’avait indiqué à la mi-janvier le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. La première livraison de ce très gros contrat (appelé DONAS) de 2,2 milliards d’euros, financé par un don saoudien et destiné à moderniser l’armée libanaise, est intervenue en avril 2015. La France a alors livré 48 missiles antichars Milan prélevés sur les stocks de l’armée française. D’autres matériels – appareils de vision nocturne, véhicules blindés et légers, drones légers, moyens de déminage – devaient être initialement livrés en 2015, mais ce calendrier n’a pas été tenu. Au total, 250 véhicules de combat ou de transport de troupes, sept hélicoptères Cougar, trois corvettes, des systèmes d’artillerie et de reconnaissance, d’interception et de communication devaient être livrés dans les prochaines années, selon le schéma présenté en 2015.

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Portée par les exportations, la DGA va faire évoluer son modèle

« Compte tenu des réductions d’effectifs, nous sommes au taquet partout ». La Direction générale de l’armement (DGA) comme les autres administrations a dû revoir à la baisse ses ambitions, se réorganiser, tout en maintenant un niveau élevé de savoir-faire et surtout conserver les compétences humaines. Cela en pleine période d’austérité. Après le temps des efforts, le temps de récolter les fruits est aujourd’hui à portée de main : la DGA va recruter 160 personnes dès cette année sur un total envisagé de 500, s’est félicité délégué général pour l’armement, délégué général pour l’armement, lors de la présentation du bilan annuel de la DGA.  Cette « vaguelette » d’embauches est générée principalement pour accompagner les commandes d’armement à l’export dont le montant a atteint 16 milliards d’euros en 2015, une «année historique, soit près du double de celui de 2014 » (8,20 mds, 6,87 mds en 2013 et 4,82 mds en 2012). Un record réalisé grâce aux ventes du Rafale en Egypte (24 avions commandés) et au Qatar (24 avions). La DCNS a par ailleurs signé avec l’Egypte un contrat pour une frégate multimissions FREMM, livrée en juillet, et des missiles.
Evoquant l’accord sur l’achat de 36 Rafale par l’Inde, conclu le 25 janvier, Laurent Collet-Billon s’est dit « très optimiste » quant à la concrétisation du contrat. «On n’est pas encore au bout, il y a encore des voyages qui sont effectués très régulièrement par des équipes industrielles liées au Rafale et celles de la DGA », a-t-il néanmoins tempéré.

Selon la DGA, qui a fait état de cinq contrats supérieurs à 500 millions d’euros en 2015, la zone Afrique/Moyen-Orient a représenté plus de 80% des contrats entrés en vigueur. L’année 2015 « n’est pas simplement un bon millésime (…) c’est un changement d’échelle qui est radical », a insisté Laurent Collet-Billon, qui vient d’être renouvelé à son poste pour la troisième fois. Il a notamment pointé la volonté des clients étrangers qui « demandent un service (…) un véritable partenariat qui s’inscrit dans le long terme entre leur ministère de la Défense et les services du ministère de la Défense français». Il s’agit là d’une «une tendance lourde». «Toutes nos compétences sont sollicitées», a-t-il poursuivi, soulignant que «l’effectif actuel de la DGA ne permettra pas de faire face à ces nouveaux besoins additionnels ». En poste jusqu’à la mi-2017 Laurent Collet-Billon va redonner des couleurs à la DGA d’autant que 2016 devrait être un millésime aussi bon sinon meilleur que 2015. Outre les Rafale, d’importants contrats sont négociations dans le domaine naval. B.L.

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Comment British Airways peut donner un nouvel élan à l’A380

Ce n’est pas un secret, le programme A380 a besoin d’un nouveau souffle pour relancer des ventes quasi inexistantes depuis deux ans. Depuis son lancement, le programme plafonne à 319 commandes y compris des ventes très hypothétiques. Emirates, le plus gros client d’Airbus pour l’A380, est régulièrement cité comme l’un des « moteurs » du renouveau des A380 avec le lancement dune version A380NEO dotée de nouveaux moteurs Rolls-Royce et d’une configuration renouvelée de la cabine afin de transporter plus de passagers. Problème : le motoriste britannique doit faire face à des difficultés avec sa branche Marine et Défense et il est plutôt en phase de restructuration que d’investissements. Le dossier A380 n’est pas clos pour autant puisque British Airways (BA), par la voix de son CEO Willie Walsh, a expliqué en marge de l’Airline Economics 2016 Conference que sa compagnie allait évaluer la possibilité d’acquérir « cinq ou six A380 d’occasion » afin de renforcer sa flotte de 10 appareils sur une commande de 12. Le choix pour des avions d’occasion est préféré à des avions neufs, leur prix étant jugé trop élevé… Les A380 retenus seront probablement motorisés par Rolls-Royce, le motoriste de BA. Le choix de la compagnie devrait aller notamment vers les A380 de Malaysia, de Singapore Airlines, de ThaÏ Airways.

Cette déclaration de Willie Walsh est intéressante à double titre. Tout d’abord, c’est d’abord un commentaire très positif sur l’A380 de la part d’un opérateur très sourcilleux sur ses coûts d’exploitation. Le CEO de BA a, en effet, indiqué que les coûts unitaires d’un A380 sont très compétitifs à condition toutefois que le coefficient de remplissage de la cabine soit élevé. Il a également expliqué comment deux A380 peuvent remplacer trois vols quotidiens effectués en B747 entre Londres et Los Angeles ; ce qui permet avec la même capacité de libérer un slot à Heathrow. C’est-à-dire l’exacte démonstration d’Airbus expliquant que l’A380 est l’un des moyens de désengorger les aéroports comme Londres-Heathrow. Ensuite, il sera très intéressant de voir comment BA va réaménager ses A380 et à quels coûts. La sophistication des cabines business et première de Singapore Airlines ou d’Emirates a complexifié l’aménagement des cabines pouvant rendre leur transformation assez coûteuse. C’est un chantier qui sera observé de très près par des clients intéressés par des A380 d’occasion. Une nouvelle vie pour un programme qui pourrait enfin décoller.

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