Atteindre 2% du PIB pour la défense est devenu un plancher et non plus un objectif

Union et mobilisation politique autour des questions de défense. Gauche et droite convergent sur la nécessité de relever les dépenses militaires. «Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la vie internationale avec un renforcement des menaces existantes et l’apparition de nouvelles menaces» : voilà pour le contexte géopolitique résumé par Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Une nouvelle époque impliquant un effort supplémentaire de l’Etat pour le budget de la défense, hors pensions, afin de disposer d’un modèle d’armée (Terre, Air, Mer, Cyber et Espace) en mesure de préparer et de conduire les opérations à l’intérieur et à l’extérieur de la France.

Les discussions sur le niveau et les efforts à consacrer au prochain budget de la défense, se sont dernièrement focalisées sur le chiffre clé de 2% du PIB. Il est désormais admis par tous que ce chiffre, hors pensions, est un plancher et qu’il faudra le revoir à la hausse, ou à la baisse, en fonction des évènements qui pourraient intervenir sur le territoire français.

Le budget français de la Défense atteint aujourd’hui 1,8% du PIB, pensions comprises. «Jusqu’à la fin de mon mandat, ma priorité sera la sécurité des Français », a promis le Premier ministre Manuel Valls qui a estimé que le pays allait devoir continuer à augmenter son budget de la défense, face à la menace terroriste, pour atteindre 2% du (PIB), et «peut-être plus». «L’objectif des 2% qui est donné est atteignable. Il faut ce niveau», a-t-il déclaré lors de la 14è l’Université d’été de la Défense. De son côté, la présidente de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale, Patricia Adam (PS), a jugé que l’horizon de la prochaine loi de programmation militaire (2019-2024) semblait «très raisonnable» pour atteindre 2% du PIB. «Avec une augmentation progressive de 500 millions d’euros par an, cet effort supplémentaire ne paraît pas inatteignable», a-t-elle déclaré. « Nous sommes face à des bandes armées qui veulent se conduire comme des Etats et des Etats qui se conduisent comme des bandes armées ». Voilà la nouvelle donne à laquelle doivent faire face les armées telle que résumée par le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des Armées, s’exprimant lors de ces 14è Universités d’été. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme, c’est son rôle, sur l’état des forces françaises et sur leur «usure». «Le budget doit augmenter de 32,7 milliards actuellement à 41 milliards en 2020», a-t-il assuré, en insistant sur le fait qu’il s’agit seulement de mettre en cohérence les moyens avec les opérations demandées.

Quel que soit le futur chef de l’Etat en 2017, il devra trouver de nouvelles ressources pour le budget de la Défense. La loi de programmation militaire prévoit, par exemple, la mobilisation de 12 avions de chasse, mais l’engagement de la France en Syrie, au Sahel, en Irak et dans le cadre de l’Otan se traduit par l’emploi permanent de 20 chasseurs. A aucun moment le législateur n’avait anticipé l’opération Sentinelle et la mobilisation permanente de 7.000 à 10.000 soldats dans l’Hexagone… « Nous sommes une grande armée, respectée, mais elle s’use, je ne vois pas que nous puissions continuer comme cela», a insisté le général de Villiers.

Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, s’est voulu plus terre à terre en rappelant quelques obligations à venir du budget de la Défense comme le renouvellement de la dissuasion française qui a un coût : de l’ordre de 5 à 6 milliards d’euros d’ici à 2030 (rénovation indispensable des SNLE et des vecteurs balistiques). Sans oublier le financement du budget de la recherche… Enfin, nombreux sont ceux aujourd’hui à réclamer un service national ou civique, oubliant de préciser comment et par quel(s) ministère(s) il sera financé. Sans esquiver la prise en charge des djihadistes français engagés en Syrie et en Irak et de retour en France _ le nombre est estimé au minimum à 700 individus _, aura un coût très élevé. «2% c’est le plancher de notre souveraineté», a tranché Jean-Pierre Raffarin, président de la Commission des Affaires étrangères et de la défense au Sénat. Soit. Mais comme le rappelle Laurent Collet-Billon, «soit il y a de la ressource (financière, ndlr), soit il n’y en a pas et alors nous ne pourrons pas avoir les moyens de nos ambitions». Cruellement terre à terre le DGA.

A ne pas manquer. Dans le prochain numéro d’AeroDefenseNews daté du 29 septembre l’entretien exclusif d’Yves Fromion, Député de la 1ère circonscription du Cher, membre de la Commission de la Défense à l’Assemblée Nationale.

 

 

 

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