Rafale en Grèce : un contrat important en Europe

Pour la première fois, un pays européen a annoncé son intention de doter son armée de l’air d’avions de combat Rafale. Il s’agit pour le moment d’une intention d’achat de la Grèce qui devra être finalisée par le gouvernement grec d’ici à décembre prochain. Cette annonce intervient alors que Dassault Aviation a essuyé deux échecs européens en Belgique et en Pologne. Mais voilà, le lobbying américain est passé par là ouvrant une voie royale au F-35 de Lockheed Martin sur le marché européen. La Pologne a annoncé l’achat de 32 avions de combat F-35 pour quelque $5 milliards et la Belgique en a commandé 34 pour 4 milliards d’euros. Au total, pas moins de sept pays européens ont choisi le F-35 : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, la Norvège, le Danemark, l’Italie et la Pologne.

Cette fois-ci, les tensions en Méditerranée provoquée par la Turquie de Mr Erdogan ont poussé  Athènes à accélérer un réarmement (avions de combat, missiles, navires, hélicoptères, et autres équipements comme des mines) sans passer par la case Washington. L’administration américaine et le Congrès auraient peut-être freiné une commande d’avions de combat et de missiles pour ménager autant que cela est possible la Turquie, membre de l’OTAN, tout comme la Grèce ! Une situation inédite en Europe alors qu’Ankara est devenu un allié très encombrant  depuis quelques années illustré notamment par les positions ses dans le conflit syrien.

Dans le détail, la Grèce compte acquérir 18 Rafale (12 appareils d’occasion appartenant à armée de l’Air et 6 neufs). Les livraisons devraient intervenir assez rapidement (décembre/janvier à raison d’un avion par mois jusqu’en 2022, puis les Rafale neufs prendront le relais), accompagnées  par la formation des pilotes grecs sur les avions français. Une partie de l’armement va avec (missiles AM-39, etc), fournis par l’armée de l’Air française. Le contrat n’est pas pour autant « mirobolant », selon un industriel, dans la mesure où il s’agit seulement de 6 avions neufs et 12 d’occasion prélevés sur le stock de l’armée de l’Air française qui va demander une compensation… Mais là, il s’agit de discussions franco-française entre l’Etat-major de l’armée l’Air et la ministre des Armées, Florence Parly, sans oublier Bercy et l’Elysée ! Quoiqu’il en soit, la Grèce est déjà un très bon client des industriels français de l’armement et ce/ces contrats permettront aux industriels français de s’installer un peu plus dans la BITD grecque et de participer aux futurs développements.  

Le Rafale est actuellement engagé dans deux compétitions importantes, en Finlande et en Suisse ; deux pays qui souhaitent renouveler leurs forces aériennes, actuellement composée d’appareils américains. La compétition est lancée entre le F-35 de Lockheed Martin, le F/A-18 de Boeing, le Gripen de Saab, le Typhoon d’Eurofighter  et le Rafale de Dassault. Selon des militaires interrogés par AeroDefenseNews, la Finlande pourrait pencher pour le F-35, alors que la Suisse reste un marché « prenable » pour le Rafale français. Le 27 septembre, les Suisses sont appelés à voter sur la nécessité ou non de consacrer quelque 6 milliards de francs suisses à l’achat de nouveaux appareils.

B.L.

A propos aerodefensenews

Bruno Lancesseur est rédacteur en chef la lettre bi-mensuelle AeroDefenseNews. Pour nous contacter envoyez votre adresse mail à aerodefensenews@gmail.com
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