Hélicoptères : le marché de l’occasion fait les affaires des armées françaises

Entre la sortie indispensable d’hélicoptères très vieillissants et l’arrivée de machines neuves, il y a un vide à combler, avec un budget serré. D’ici un an la Marine française va devoir gérer la mise au rebut accélérée des Alouette III (l’hélicoptère de Fantomas comme l’appelle le chef d’état-major Christophe Prazuck), mais aussi des Lynx et Dauphin eux aussi en fin de course. Pour conserver ses missions, la Marine louera auprès d’opérateurs privés 4 à 5 hélicoptères H160 civils, sans doute au Britannique Babcock, qui a acheté les premiers exemplaires de cet appareil. Une opération également gagnante pour Airbus puisque son hélicoptère H160M/Guépard est labellisé avant même 2026 (date de livraison des premiers à l’armée de Terre et 2028 pour la Marine). La Marine, qui représente les trois armées dans un groupe de travail piloté par Airbus sur les questions de maintenance, va donc pouvoir évaluer en réel la robustesse mécanique de l’appareil avant qu’elle reçoive ses Guépard neufs.
Airbus a déjà anticipé les besoins de formation d’équipages de la Marine : le simulateur du H160, développé par Thales, est arrivé à Marignane, chez Helisim, cet été et il sera opérationnel pour l’été prochain, au bon moment pour le début de la location des appareils par la Marine. Deux H160 de présérie sont déjà produits, et l’un vole déjà. Deux autres sont sur la chaîne, de quoi préparer le ramp-up qu’espère Airbus, dans un marché militaire actuellement relativement calme. Les H160 loués seront utilisés pour le sauvetage en mer (SAR), libérant ainsi autant de NH90, réservés aux missions de combat, une évolution dans la pensée de la Marine qui a toujours présenté le NH90 comme son hélicoptère de moyen tonnage à tout faire. Ces H160 civils devront intégrer un treuil et des communications militaires mais la Marine a aussi besoin d’une douzaine de Dauphin pour remplacer les appareils plus petits. Le contrat de location, dont la notification sera effective en début d’année ira à une société de services. Le Belge NHV, déjà fournisseur de Dauphin à Lanvéoc-Poulmic et le tandem DCI (déjà prestataire d’Helidax)/Heli Union sont sur les rangs.
L’armée de l’Air n’est pas en reste et pour remplacer ses 20 derniers Puma, à bout de souffle, il a été envisagé dans un premier temps de les remplacer par des H160, mais ses capacités d’emport sont bien trop limitées. Ce sont donc de 12 à 20 H225 civils qui pourraient être loués avec option d’achat, le temps de pourvoir au remplacement par des appareils neufs après 2030. Heureusement pour les militaires, le marché de l’occasion reste élevé à cause de la crise de l’offshore qui a mis sur le marché de l’occasion de nombreux hélicoptères lourds. 51 H225 d’occasion ont déjà été vendus par Airbus Helicopters à des sociétés de services (notamment américaines) et il en resterait entre 20 et 30 à saisir avec un potentiel élevé.

A propos aerodefensenews

Bruno Lancesseur est rédacteur en chef la lettre bi-mensuelle AeroDefenseNews. Pour recevoir gratuitement un numéro, envoyez votre adresse mail à aerodefensenews@gmail.com
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