Emirats arabes unis : gagner contre les guerres hybrides, l’enjeu d’EDGE

Les Emirats arabes unis (EAU) ont l’ambition de devenir un acteur majeur de l’industrie d’armement dans le Golfe et même au-delà. Après la diplomatie active, l’intervention armée (aux résultats mitigés), voici donc venu, pour la « Petite Sparte », le temps de l’industrie d’armement, troisième et dernier pilier de son influence régionale.

Pour Abu Dhabi, il importe en effet d’abord de se prémunir contre les embargos dans les domaines sensibles pour éviter le sort de l’Arabie, mis au ban par certains pays depuis la sinistre affaire Khashoggi : composants ITAR, systèmes ou sous-ensembles majeurs des domaines conventionnels ; il s’agit ensuite d’avoir, comme toujours, un temps d’avance par rapport à ses alliés et ennemis dans la région.

A cet égard, la création d’EDGE diffère de celle de l’EDIC il y a quelques années et doit retenir l’attention des acteurs étatique et industriels français, dans la mesure où il ne s’agit plus de mettre de l’ordre dans le secteur industriel sous la tutelle d’une holding toute puissante, mais bel et bien de se préparer à gagner – ou à contrer efficacement – les guerres hybrides si bien planifiées et exécutées par les Russes en Crimée puis en Syrie.

Pour lutter contre un ennemi qui use de stratagèmes nouveaux comme les opérations non attribuables, cyber-attaques, brouillages de signaux GPS, piratage ou attaques de satellites etc, il faut bâtir des solutions intégrées nationales, rapides _ l’esprit d’une start-up et non d’un bureau de programme _ et efficaces : c’est là tout le sens qu’il faut  donner à cette initiative dont il convient de saluer à la fois la perspicacité et la portée.

S’appuyant sur le tissu existant, EDGE se concentrera très logiquement sur cinq domaines : plateformes & systèmes, missiles & armes, cyber-défense, guerre électronique & renseignement et systèmes de mission. Les Émirats ont donc fait un grand pas vers cet objectif nécessaire et original en même temps.

La France qui a de réelles compétences dans ce domaine (radars, caméras, dirigeables, armes laser, systèmes de missiles, etc) saura-t-elle les offrir à EDGE au lieu de courir après ses rivaux étrangers, bonne dernière comme en Arabie ? C’est là tout le défi qui se pose à la Maison France aux Emirats. Le premier industriel à se réjouir de la création d’EDGE fut Lockheed-Martin : est-ce normal ?

 

A propos aerodefensenews

Bruno Lancesseur est rédacteur en chef la lettre bi-mensuelle AeroDefenseNews. Pour recevoir gratuitement un numéro, envoyez votre adresse mail à aerodefensenews@gmail.com
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