Paris hésite entre acquérir deux C-130J neufs ou rénover six avions très âgés

Les faits. La flotte allemande de C-130J basée à Evreux à partir de 2021 pourrait générer 1 200 heures de vol au profit des Français (soit l’équivalent de deux avions) et la France pourrait bien renforcer encore son propre parc de C-130J ; pour l’instant quatre avions en commande. Le calcul fait à l’état-major des armées est le suivant : la rénovation de huit avions de première génération (C130H, en service depuis 1987) pour le COS et la DGSE a bien été engagée, mais le chantier pour les six derniers avions n’est pas financé pour le moment. Et la mise à niveau de ces avions anciens s’avère coûteuse.

Décryptage. Pour l’état-major des armées c’est l’occasion d’éviter une lourde et coûteuse rénovation et d’acheter des C130J neufs. C’est le raisonnement qui avait été tenu dès 2004 par le général Patrick Klein, mais à l’époque, le projet n’avait pas été soutenu par l’armée de l’air, pour qui le C130 était un avion mineur par rapport au Transall, et surtout, pas par le politique qui flottait sur le nuage A400M.
Quatorze ans plus tard, on voit que le général Klein a eu le nez creux… Et que la DGA aura, elle, peut-être manqué de profondeur de champ, freinant des quatre fers pour l’achat de C130J. Elle avait même été jusqu’à étudier des C-130E hors d’âge stockés dans le désert de l’Arizona ou d’autres issus des stocks israéliens et norvégiens.
En forme de message, aucun haut responsable de la DGA n’était visible à la remise des clés du premier C130J le 15 janvier dernier sur la base aérienne d’Orléans, une absence à peine remarquée alors qu’en parallèle, Jamie McCourt, l’ambassadrice des Etats-Unis était présente, de même des militaires américains (qui entretiendront les C130J français en Europe) et allemands, en particulier le lieutenant général Karl Müllner, Chef d’état-major de l’armée de l’air allemande.
Lockheed Martin semble bien avoir capté les aspirations françaises, et n’a pas manqué de mettre les petits plats dans les grands pour la livraison du premier, mettant en scène la célérité avec laquelle il avait livré l’appareil, et la fraternité d’armes qui unit les deux pays dans la lutte contre le terrorisme. Florence Parly, ministre des Armées a, pour sa part, souligné que si le C130J « porte aujourd’hui notre cocarde (…) il symbolise notre union, notre alliance forte et historique. Nos pays partagent une soif d’excellence, une volonté d’action et un désir irrépressible de liberté ; ces C130J en sont le signe ». Le 15 janvier dernier, les Américains étaient un peu chez eux à Orléans, sur une base aérienne qu’ils ont bien connu après la Libération. Période au cours de laquelle le transport aérien militaire effectuera avec des C-47 Dakota le rapatriement des blessés, des prisonniers de guerre et des déportés.

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Bruno Lancesseur est rédacteur en chef la lettre bi-mensuelle AeroDefenseNews. Pour recevoir gratuitement un numéro, envoyez votre adresse mail à aerodefensenews@gmail.com
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