La BITD turque à l’aube de nouvelles coopérations

La BITD turque à l’aube de nouvelles coopérations

Les ambitions de la Turquie en matière d’armement sont ambitieuses. A la fois dans l’Otan mais critiqué pour son rôle dans le conflit syrien, Ankara se sent rejeté par les Européens, les Américains se méfient, la Russie est un allié, certes, mais complexe. D’où la nécessité pour l’industrie turque de défense d’aller chercher des relais de croissance via des coopérations et des partenariats stratégiques clés.

L’actuel plan de modernisation des équipements des forces turques s’étend jusqu’en 2023 et pourrait représenter un investissement de l’ordre de $70 milliards dont l’aéronautique incarne le poste de dépenses le plus important avec quelque $16 milliards prévus pour le programme F-35 ou encore $1,5 milliard pour 10 avions de transport A400M. On note aussi que $10 milliards sont budgétés pour un développement national de l’avion de chasse de 5e génération TF-X et encore $20 milliards pour acheter les appareils. La Marine quant à elle, prévoit d’acquérir 6 sous-marins de type U-214TN ($4 milliards), 8 corvettes de classe Ada et 4 frégates du programme MILGEM ($2,5 milliards). Le pays prévoit aussi de développer un BPC et dispose d’une enveloppe de $1 milliard.

Dans le secteur terrestre, le char de combat Altay ($2,5 milliards) illustre les ambitions d’Otokar. Le programme des systèmes antimissiles ($4 milliards) a beaucoup fait parler de lui à cause de la préférence d’Ankara pour les HQ-9 chinois, mais le pays s’est gardé la possibilité d’opter pour les produits américains ou européens. Enfin, il faut mentionner l’effort conséquent en matière de C4ISR que l’implantation de la guerre réseau-centré implique ainsi que le segment spatial : la Turquie souhaite se doter d’une flotte de satellites et d’un centre de contrôle avec la coopération de Thales Alenia Space. Un programme en cours d’exécution.  « La capacité de développement de matériels autochtones exportables, répondant aux demandes et spécifications techniques de pays en développement, ouvre également pour la BITD turque des potentialités de nouvelles coopérations Technologiques », résume Nicolas Mazzuchi dans une note de l’IRSEM (*). La Turquie a cherché à tisser des partenariats, aussi bien pour l’exportation des matériels que pour des coopérations sur de futurs équipements. Depuis le début des années 2000, Ankara multiplie ainsi les partenariats avec des pays comme le Brésil (depuis 2003), l’Indonésie (2010 pour l’accord de coopération dans la défense puis 2011 pour le partenariat stratégique), la Malaisie (Partenariat économique et stratégique en 2011 approfondi en 2016) ou le Qatar (accord de partenariat stratégique en mars 2015, suivi d’un accord pour la création d’une base turque en décembre 2015).

La présence de la Turquie en Asie du Sud-est s’affirme également au travers des partenariats de défense, notamment avec l’Indonésie ou la Malaisie, membres par ailleurs de l’Organisation de coopération islamique. La signature par la Turquie du Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-est ouvrant la voie à une coopération avec l’ASEAN a été pour Ankara une étape clé dans le développement de sa présence régionale. La Malaisie a même opté pour la production sous licence locale de certains matériels turcs comme le blindé de transport Pars. Concernant l’Indonésie dont les besoins en matériels modernes sont croissants, le partenariat stratégique avec la Turquie a débouché sur une entente entre PT Pindad (Indonésie) et la turque FNSS pour la création d’un nouveau blindé. L’Indonésie devrait devenir un partenaire majeur de la Turquie et donc un débouché export pour les produits de la BITD turque.

Depuis la rupture entre les États-Unis et le Pakistan sous l’administration Obama, Islamabad cherche à éviter d’être trop distancé par l’Inde et recherche des partenaires industriels. Les entreprises turques sont ainsi choisies depuis quelques années pour la modernisation des équipements pakistanais (F-16 en 2010, sous-marins Agosta 90 en 2016). Des discussions sont en cours pour des achats de matériels développés en Turquie comme les hélicoptères T-129 Atak ou les fusils d’assaut MPT-76. Le Pakistan est également intéressé par une collaboration technologique sur le projet TAI-TFX de chasseur de 5e génération, ce qui renforcerait les liens entre Ankara et Islamabad dans le domaine militaire.

La suite de cet article est disponible dans la lettre AeroDefenseNews

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