Aérien. La stratégie des compagnies du Golfe s’essouffle

Etihad empêtrée dans le dossier Alitalia, Emirates qui voit son bénéfice annuel chuter de 82,5% à $340 millions en l’expliquant en grande partie par une compétition accrue et des effets de change défavorables et les restrictions américaines sur le transport aérien. La roue de la fortune tourne aux Emirats arabes unis. Sans compter Qatar Airways dont l’opacité des comptes est sujette à caution. Emirates a été confrontée à des «événements déstabilisateurs qui ont affecté le marché du transport aérien», a précisé son président, cheikh Ahmed ben Saïd Al-Maktoum, comme le Brexit, des attentats en Europe, de la nouvelle politique américaine qui pèse sur le transport aérien -Emirates a réduit ses vols vers les Etats-Unis à cause d’une baisse d’au moins 30% des réservations-, le recul de nombreuses monnaies face au dollar (le dirham des émirats est adossé au US$) ainsi que des difficultés rencontrées par l’industrie du pétrole et du gaz qui ont un impact négatif sur la demande en matière de transport aérien.

La sanction est tombée : compte tenu du climat actuel des affaires et des plans d’investissement futurs du groupe, Emirates ne versera aucun dividende à l’Investment Corporation of Dubai (ICD*), le fonds souverain émirien détenu par le gouvernement de Dubaï, au titre de l’exercice 2016-2017. Une décision inhabituelle et inacceptable pour les actionnaires d’Emirates, ce qui sans aucun doute pourrait déboucher sur une réorganisation du management et sur une remise à plat de la stratégie de la compagnie émiratie aujourd’hui orientée vers uniquement les vols long-courriers. Cela aura-t-il comme conséquence une remise à plat de sa stratégie ? C’est possible. Ce qui a fait le succès spectaculaire d’Emirates – le hub et un réseau long-courrier -, est aujourd’hui remis en cause par une baisse de la demande en provenance d’Asie-Pacifique et de l’émergence de compagnies low cost qui s’attaquent au marché du long-courrier. Depuis quelques mois des pistes de réorganisation ont été évoquées comme un rééquilibrage de la flotte aujourd’hui essentiellement composée d’A380 et de 777. L’introduction d’A350 ou de 787 mieux adaptés à la demande dans la flotte serait à l’étude. D’autres pistes sont à explorer comme l’externalisation de certaines activités, la restructuration de la maintenance, la révision en profondeur de l’organigramme, le rapprochement avec Fly Dubai pour les lignes de moins de 5 heures… Une révision en profondeur pour cette compagnie qui a transformé et bousculé le monde du transport aérien dans les années 2000. Emirates a transporté 56,1 millions de passagers sur un an, soit plus 8% de plus par rapport à l’exercice précédent mais le taux de remplissage a baissé à 75,1% en raison d’une capacité en hausse. Emirates demeure le premier exploitant mondial de 777 et d’A380 (259 avions au 31 mars 2017).

(*)ICD détient notamment Emirates Group, DNATA, Dubai Aerospace Enterprise (DAE) et Dubai Duty Free Establishment. Il est dirigé par la famille Al Maktoum

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