L’A400M pèse sur les résultats et l’A380 peine à décoller

Airbus a vu son bénéfice net chuter de 63% en 2016 à 995 millions d’euros, affecté par les effets de change et par une provision de 2,2 milliards d’euros passée sur l’avion de transport militaire A400M. Le chiffre d’affaires du groupe a augmenté de 3% pour atteindre 67 milliards d’euros. Les prises de commandes s’élèvent à 134 milliards d’euros, en baisse face aux 159 milliards de 2015. La valeur totale du carnet de commandes s’est établie à 1.060 milliards d’euros au 31 décembre 2016.
Le carnet de commandes du groupe a atteint le niveau record de 6.874 avions commerciaux au 31 décembre 2016.
Côté perspectives, l’avionneur prévoit plus de 700 livraisons d’avions
commerciaux en 2017 contre 688 livraisons l’an dernier (731 commandes). Airbus a livré 49 A350 contre 50 prévues. Ce programme a été affecté par une provision de 385 millions d’euros, annoncée à l’issue du premier semestre 2016. Interrogé sur le projet de fusion entre Safran et Zodiac Fabrice Brégier, COO d’Airbus, a souhaité que cette opération n’ait pas d’impact sur les performances de Zodiac : « no distration on the operation », a-t-il commenté.

Coté A320, Airbus est parvenu à augmenter les cadences de livraisons au deuxième semestre après d’importants retards au début de l’année. Fabrice Brégier prévoit une production de 60 avions par mois en 2019 et «ce n’est pas assez !», a-t-il souligné tout en se félicitant des performances des A320 NEO «meilleures que ce que nous attendions».

Reste le cas de l’A380 qui ne parvient toujours pas à convaincre les compagnies aériennes ou si peu. La cadence de production va passer à 12 avions par an contre une vingtaine auparavant pour tenir compte du backlog aujourd’hui de 110 appareils dont certaines commandes sont plus qu’hypothétiques. L’objectif est réduire les coûts fixes du programme et de maintenir une activité A380 à Toulouse et chez les sous-traitants tout en pariant que le gros porteur trouvera son marché ne serait-ce que parce que «le transport aérien double tous les quinze ans», martèle Fabrice Brégier… Néanmoins, pour l’A380, les mauvaises nouvelles pourraient venir en novembre prochain lors du Dubaï Airshow. Certains estiment localement  qu’Emirates, le plus gros client de l’A380, cherche désormais à mieux équilibrer sa flotte composée d’A380 et de Boeing 777 et que la compagnie de Dubaï réfléchirait à échanger sa dernière commande de 40 A380 par des A350. Ce serait là sans nul doute le coup de grâce pour ce programme emblématique.

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A propos aerodefensenews

Bruno Lancesseur est rédacteur en chef la lettre bi-mensuelle AeroDefenseNews. Pour recevoir gratuitement un numéro, envoyez votre adresse mail à aerodefensenews@gmail.com
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