Avions de combat : jeux de dupes à Ottawa et à Bruxelles

Voilà une compétition pour le renouvellement d’avions de combat dont les dés sont pipés et tout le monde le sait. Que ce soit au Canada où en Belgique, il semble préférable de rester à l’écart pour ne pas y perdre trop de plumes. Sans surprise, une rude polémique autour du futur avion de combat dont le Canada doit se doter est apparue en pleine campagne électorale entre le Premier ministre conservateur sortant, Stephen Harper, et le représentant du Parti Libéral, Justin Trudeau. Ce dernier a affirmé qu’en cas de victoire de son parti aux législatives, il n’achèterait pas les F-35 que veulent les conservateurs. Ces dernières années, le débat a été vif sur l’avion appelé à remplacer le F-18 Hornet en service dans l’armée de l’air canadienne. Le gouvernement conservateur avait annoncé en 2010 son intention d’acheter 65 F-35 en prévoyant « une enveloppée bloquée » de $9 milliards mais les coûts du programme se sont envolés si bien que la facture a été réévaluée à $44,8 milliards par le ministère de la défense en 2012.

En Belgique, où le gouvernement doit prochainement lancer un appel d’offres pour remplacer les F-16, la question est épineuse car l’avion retenu devrait avoir la capacité d’emporter une bombe nucléaire. En effet, la Belgique assume depuis de longue date des missions nucléaires au sein de l’OTAN, mais leur nombre s’est réduit à une seule: celle confiée aux F-16A stationnés à Kleine-Brogel. Ces avions emportent, en effet, la bombe nucléaire américaine B-61. Si la Belgique décidait de conserver cette mission et que le RFP le confirme à l’automne, seul le F-35A sera en mesure d’y répondre. Si un autre avion était retenu comme le Rafale, il faudrait alors envisager des travaux d’adaptation très coûteux qui augmenteraient significativement la facture pour l’armée de l’air belge. Au Canada, la bagarre est politique alors qu’elle est budgétaire en Belgique. Dans les deux cas les concurrents du F-35 ont beaucoup à perdre financièrement en se lançant dans la compétition, si ce n’est le plaisir de compliquer la vie de Lockheed Martin et de faire durer le processus de décision. Pour certains, c’est toutefois un plaisir qui ne se boude pas.

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