Le Falcon 8X à l’assaut du très haut de gamme

Deux avions lancés en seulement 12 mois. Lancé sept mois après le Falcon 5X, le Falcon 8X a été présenté le 17 décembre pour la première fois à Mérignac sur le site de Dassault Aviation où il est assemblé. L’appareil devrait effectuer son vol inaugural dans les premières semaines de 2015, puis viendra la certification mi-2016 en vue des premières livraisons prévues pour 2016. Le Falcon 8X, avion d’affaires à très long rayon d’action, est une version allongée (+ 1 m) du triréacteur Falcon 7X (livré à plus de 250 exemplaires en sept ans), doté d’une autonomie rehaussée d’un peu plus de 900 km. Commercialement, ce sera le nouveau fer de lance de la gamme de Dassault Aviation, qui renforce sa présence sur le segment très convoité des avions haut et très haut de gamme. Une niche à forte valeur ajoutée qui traverse la crise sans trop de vents contraires, à l’instar de l’industrie mondiale du luxe. Avec un emport en carburant plus important, le rayon d’action du 8X s’élève à 11 950 km contre 11 020 km pour le 7X. Une augmentation qui fait la différence auprès de certains clients. Ces quelque 900 km supplémentaires permettront au 8X d’opérer des liaisons comme New York/Dubaï, Sao Paulo/Moscou ou Paris/Singapour sans escale. La capacité maximale de la cabine (13 m contre 11,9 m pour le 7X), passe à 19 sièges pour le 8X, contre 16 pour le Falcon 7X. Pour autant, l’objectif n’est pas d’accueillir plus de passagers, mais d’offrir plus d’espace à bord avec un volume de la cabine augmenté de 15 %.

En face du 8X, la concurrence est rude : G550 de Gulfstream et Global 6000 de Bombardier tandis que le 5X se bat sur le même marché que le Bombardier Global 5000. Par rapport à ces derniers, le 8X a pour avantage une meilleure « agilité », selon les ingénieurs de Dassault, ce qui lui permettra de desservir des aéroports réputés difficiles d’accès, comme le London City Airport (LCY), Aspen dans le Colorado, La Môle –Saint-Tropez en France ou bien encore Saanen en Suisse.

Enfin, et c’est loin d’être négligeable pour Dassault Falcon, la baisse de l’euro face au dollar (1,23 € pour 1 $ en décembre) devrait favorablement influencer les acquéreurs potentiels d’avions d’affaires Dassault Falcon ($50 millions pour le 7X, $45 millions pour le 5X, $55 millions pour le 8X) par rapport aux concurrents américains et canadiens. Dassault Aviation fabrique en zone euro et vend en dollars alors que Gulfstream et Bombardier fabriquent et vendent en dollars. De plus, les Falcon ont la réputation d’être des « bijoux technologiques, mais coûteux », souligne un exploitant d’avions d’affaires au Bourget qui estime que la baisse de l’euro devrait donc être un coup pouce très favorable pour la commercialisation du 8X et du 5X. « C’est vrai que nous ne sommes pas les moins chers du marché et que nous ne faisons pas de politique de discount, mais nous avons une politique de prix stables », reconnaissait dernièrement Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation. Pour amoindrir le choc euro/dollar, l’avionneur a aussi investi $60 millions dans l’extension du site américain de Little Rock (Arkansas), dédié à l’aménagement cabine et à la peinture, afin d’accueillir le 5X et le 8X. Sa capacité doit passer de 70 à 100 jets.

 

Interview. Jean Rosanvallon, PDG de Dassault Falcon Jet

Que va apporter le 8X au marché des jets d’affaires?

On a livré presque 250 Falcon 7X, les premiers ont été livrés il ya plus de 7 ans, c’est la période logique pour penser une évolution du programme. Beaucoup de clients du 7X, qui sont d’anciens opérateurs du F900, souhaitaient un plus long rayon d’action et une cabine plus large, on a réussi à réunir ces deux paramètres avec le 8X. C’est déjà un succès puisque nous avons quasiment vendu toute la production du 8X jusqu’à fin 2017 et nous sommes très confiants sur le long terme pour ce programme. Le Falcon 8X s’imposera sur le segment du très haut de gamme.

Quels sont les marchés clés du 8X ?

Ce sont principalement les missions Europe-Asie, Asie-Continent Américain. Les 550-650 nautiques du 8X vont offrir beaucoup de souplesse opérationnelle. Beaucoup de clients européens et américains veulent cette souplesse.

Quelles sont les tendances du marché en général ?

2014 a été la confirmation que les pays émergents ont été des pays moteurs de 2011 à 2013. Aujourd’hui, pour des raisons politiques et économiques il y a un léger tassement de ces marchés. Parallèlement, on a vu les indices macro-économiques s’améliorer entre 2011 et 2013 et l’année 2014 marque ainsi un tournant favorable pour nous sur le marché américain avec une reprise que l’on attendait depuis deux ans. Elle semble être là et, je l’espère, se confirmera en 2015.

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