Analyse Comment avec le Neuron, Dassault Aviation se repositionne sur le jeu européen

Bien que ses dirigeants s’en défendent, ils ont poussé un «ouf» de soulagement le 10 octobre dernier lorsqu’EADS et BAE Systems ont renoncé à leur mariage faute d’avoir convaincu la Chancelière allemande, notamment. La fusion aurait donné naissance au premier groupe européen dans la défense, l’espace et l’aéronautique civile et se serait imposé comme le champion européen du secteur. L’avionneur tricolore aurait donc été quelque peu cornérisé sur le jeu européen faute d’avoir créé des alliances structurantes ; le nouvel ensemble BAE Systems/EADS aurait monopolisé toutes les attentions et Dassault Aviation, isolé, aurait eu du mal à faire entendre sa voix.

Le premier vol du Neuron, démonstrateur d’UCAV construit en coopération avec Saab, HAI, Alenia, Ruag et EADS Casa a été suivi le 19 décembre par un second vol public à Istres. Ce qui est une performance.

Souvent accusé de jouer solo, Dassault Aviation a eu beau jeu de démontrer ce jour-là qu’il savait coopérer avec succès mais selon ses propres recettes. A savoir « une implication des gouvernements, une organisation claire et simple, un travail basé sur les compétences réelles de chacun et non celles qu’il aurait pu souhaiter acquérir aux frais du programme et donc du contribuable européen et une utilisation d’un unique langage industriel (PLM)». Laurent Collet-Billon, Directeur général de la DGA a d’ailleurs a rappelé à Istres que cela faisait «plus de vingt ans que l’on avait pas vu un démonstrateur militaire en Europe» et il a salué «l’alliance industrielle portée par Dassault Aviation qui a été une des clés du succès». Et Serge Dassault a d’ajouter que « l’Europe peut travailler ensemble à condition d’avoir un maître d’oeuvre qui choisit les meilleures compétences».

Le discours de Dassault sur la coopération n’a pas changé au fil des années, simplement, avec l’échec de la fusion EADS/BAE Systems et le succès technologique du Neuron il est devenu plus audible. Avec Eric Trappier bientôt aux commandes, l’avionneur compte bien s’engager sur la voie de l’international et de la coopération. Les travaux sur le Neuron vont se poursuivre en 2013 et 2014 pour l’emmener à maturité puis, en 2015 les Français pourront éventuellement  comparer leur avancée avec le Taramis de BAE Systems et envisager ou non de travailler ensemble sur le futur avion de combat européen qui, tout le monde est d’accord sur ce point, se fera en coopération ou ne se fera pas. A une nuance près, Dassault Aviation compte bien être dans le jeu européen, à une place de choix et pas sur un strapontin.

Bruno Lancesseur

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Bruno Lancesseur est rédacteur en chef la lettre bi-mensuelle AeroDefenseNews. Pour recevoir gratuitement un numéro, envoyez votre adresse mail à aerodefensenews@gmail.com
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