Pour la première fois un pays européen achète le Rafale français

La Grèce a signé aujourd’hui le contrat d’achat de 18 avions de combat Rafale à la France, pour renforcer sa défense et son partenariat avec Paris face aux tensions accrues avec la Turquie. Ce contrat, d’un montant d’environ 2,5 milliards d’euros, porte sur 12 appareils d’occasion prélevés sur le parc de l’armée de l’Air française et 6 avions neufs. Les premières livraisons sont prévues à partir de 2022. Athènes voulant disposer sans attendre des avions destinés à lui assurer la supériorité aérienne en mer Egée, 12 appareils sont achetés d’occasion. Il comprend en outre la fourniture de missiles de croisière Scalp, de missiles antinavires Exocet et des missiles antiaériens à longue portée Meteor fabriqués par MBDA. C’est peu dire qu’avec cet armement les Rafale grecs sont de redoutables avions de combat mais aussi des moyens aériens de dissuasion.

Cette acquisition a été discutée en un temps record entre les deux gouvernements. La décision de négocier a été prise en septembre par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis en réaction aux explorations gazières de la Turquie et à ses démonstrations de force dans des eaux disputées avec la Grèce et Chypre. Les livraisons doivent débuter à l’été et les 18 avions être livrés à l’été 2023. Quatre premiers pilotes grecs doivent commencer leur entraînement en France début 2021. Pour remplacer les 12 avions cédés à la Grèce, le ministère français des Armées va acquérir 12 appareils neufs. Tout le produit de la cession, « de l’ordre de 400 millions d’euros », servira à financer pour partie l’achat.

Pour la France, le contrat grec représente la première vente du Rafale en Europe, vers qui Paris cherche à orienter ses exportations d’armements et susciter des coopérations. « Tout comme avec le Mirage F1 en 1974, le Mirage 2000 en 1985 et enfin le Mirage 2000-5 en 2000, le Rafale constitue une opportunité pour lancer de nouvelles coopérations avec l’industrie aéronautique grecque », souligne Dassault Aviation. Alors que la France a besoin d’exportations dynamiques pour conserver la viabilité de son industrie et de sa stratégie de défense, cette vente permet également de donner une visibilité de 18 mois supplémentaires à Dassault Aviation et à ses 500 sous-traitants, dont beaucoup sont affaiblis par la crise du secteur aéronautique civil.

En réaction aux tensions avec la Turquie, la Grèce a annoncé son intention d’augmenter ses capacités militaires en 2021 malgré une récession de plus de 10% en 2020 sous l’effet de la pandémie et alors que le pays se remet d’une décennie de crise de la dette. Athènes prévoit de consacrer 5,5 milliards d’euros à sa défense cette année, multipliant par cinq ses dépenses d’équipements militaires pour les porter à 2,5 milliards d’euros. Outre l’acquisition des Rafale, Athènes prévoit d’acheter des frégates, des hélicoptères et des drones, de moderniser sa flotte d’avions F-16 et de recruter 15.000 militaires supplémentaires.

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Bruno Lancesseur est rédacteur en chef la lettre bi-mensuelle AeroDefenseNews. Pour nous contacter envoyez votre adresse mail à aerodefensenews@gmail.com
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Un commentaire pour Pour la première fois un pays européen achète le Rafale français

  1. Foulques de Broöns dit :

    Remarque que j’ai passée à mes contacts politiques : ce contrat est surtout la démonstration que la politique de souveraineté paie puisqu’il est le fruit d’une diplomatie non-alignée sur l’OTAN, l’UE et l’Allemagne (toutes complaisantes à l’égard de la Turquie), donc indépendante et souveraine et de l’autre d’un produit exceptionnel et national : le Rafale. CQFD, mais même cette vérité pure est rendue inaudible par le mainstream médiatique et politique.

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