Comment Pékin et Washington préoccupent l’industrie aérospatiale française

Les entreprises françaises de l’aéronautique réunis au sein du GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) sont préoccupées par l’offensive de leurs homologues américains sur les marchés à l’exportation et par la montée en puissance des ambitions chinoises auprès des instances internationales.

Première source d’inquiétude, le soutien massif accordé par Donald Trump à son industrie aérospatiale civile et militaire. A cela s’ajoute une diplomatie variable et à court terme en fonction des intérêts économiques et politiques immédiats de la Maison-Blanche. Les groupes américains de la défense bénéficient du soutien sans faille des réseaux de l’administration via les chancelleries dans les pays qui sont identifiés comme des cibles pour les exportations américaines. C’est le cas en Asie-Pacifique, au Moyen-Orient et même en Europe où le F-35 de Lockheed Martin l’a emporté face aux concurrents européens Eurofighter et Rafale. Outre les chancelleries américaines à l’étranger, l’US Air Force apporte son soutien aux campagnes d’exportation pour placer des avions de combat des missiles et des hélicoptères. Une force de frappe commerciale, diplomatique et politique que ne peuvent aligner les industriels européens qui arrivent généralement en ordre dispersé…«Nos chances de contrats militaires dans certaines zones reposent sur la volonté de pays qui ne veulent pas dépendre à 100% des matériels américains et privilégient donc la double source mais malgré cela nous avons intérêt à présenter à chaque fois le meilleur rapport qualité-prix pour ganer», nous explique un industriel.

Seconde préoccupation, la Chine, dont les ambitions dans les secteurs de l’aéronautique civile, de la défense et de l’espace sont immenses et sans limite. Eric Trappier, président de Dassault Aviation et du Gifas, pointe au sujet de la Chine l’offensive diplomatique menée par Pékin auprès des instances internationales comme l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) qui dépend des Nations unies et dont le rôle est capital puisque c’est cette instance qui définit l’élaboration des normes de standardisation du transport aéronautique international. La crainte est de voir les points de vue chinois peser -ou influencer, c’est selon-, sur les décisions de l’OACI comme c’est d’ailleurs déjà le cas avec les Etats-Unis, et sur d’autres organismes comme l’ASD (Association européenne des industries aérospatiale et défense) ou encore l’AESA (Agence Européenne de la Sécurité Aérienne), au risque d’être pénalisantes pour les Européens. «Pour que toutes les organisations ne deviennent pas américano-chinoises, il faut que l’Europe et la France pèsent face aux Etats-Unis et notamment face à la Chine qui monte en puissance avec des moyens colossaux.(…) Si l’Europe ne se mobilise pas aujourd’hui, ce sera compliqué demain », prévient Eric Trappier, président de Dassault Aviation et du Gifas.

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A propos aerodefensenews

Bruno Lancesseur est rédacteur en chef la lettre bi-mensuelle AeroDefenseNews. Pour recevoir gratuitement un numéro, envoyez votre adresse mail à aerodefensenews@gmail.com
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