S-400/F-35 : bras de fer entre Ankara et Washington

Les faits. La Turquie a reçu officiellement son premier F-35 sur le territoire américain… Le ton monte entre Ankara et Washington, le gouvernement turc refuse d’annuler son accord avec la Russie sur la livraison de systèmes antiaériens S-400, selon la presse turque. Des négociations entre des diplomates des deux pays se déroulent depuis plusieurs mois, les États-Unis voulant que la Turquie annule la transaction mais Ankara a rejeté cette exigence. Le 25 mai dernier, le Congrès américain a approuvé le projet de loi sur le budget annuel de défense prévoyant des restrictions sur les livraisons d’armements américains, y compris les chasseurs F-35 à la Turquie en réaction à l’achat de systèmes S-400 russes. Mevlut Cavusoglu, ministre des affaires étrangères a répondu qu’Ankara achèterait des chasseurs «ailleurs» si les États-Unis lui refusaient les F-35.

Décryptage. On n’en n’est pas là puisque les Etats-Unis ont remis à Fort Worth (Texas) la semaine dernière le premier F-35 à la Turquie, malgré ces tensions. Un deuxième appareil doit être livré dans les prochains jours et les deux avions seront transférés sur la base aérienne de Luke, en Arizona. Cependant, dans un projet de loi sur le financement du Pentagone approuvé par la Chambre, le Sénat a exigé que la vente de ces appareils soit annulée si Ankara mène à son terme la procédure d’achat des S-400 russes, conformément à un contrat signé le 12 septembre. Si ce document est adopté en l’état par les deux chambres, l’administration américaine devra exclure la Turquie du programme F-35, retirer de l’appareil les composants fabriqués en Turquie et empêcher la sortie des F-35 turcs du territoire américain.Une décision qui entraînerait sans nul doute un net refroidissement des relations politiques et commerciales entre Washington et Ankara.

Un bras de fer qui pourrait toutefois pousser Ankara à se retourner vers Moscou pour acquérir de nouveaux avions de combat ou accélérer sa volonté de développer en coopération une nouvelle plateforme aérienne. Le cas de la Turquie illustre une fois de plus la complexité des négociations avec les Etats-Unis lorsqu’il s’agit de commerce d’armements et le risque de voir ces armes confisquées et stockées sur le territoire américain. Les F-35 turcs basés à Dallas Fort Worth? La belle affaire pour les aviateurs turcs qui pourront néanmoins s’entraîner dans le ciel du Texas.  Cette situation désagréable pour les clients explique la volonté de nombre d’entre eux d’opter pour une double source comme le Royaume-Uni ou la France pour leurs avions de combat.

 

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