L’US Air Force étudie le recours à Ariane 5 comme back-up pour ses lancements

Les faits. L’US Air Force a obtenu fin 2016 le feu vert du Congrès afin de réaliser une étude sur l’emploi de lanceurs non américains au cas où un des fournisseurs du Pentagone connaîtrait une défaillance temporaire. Cette étude doit être remise aux membres du Congrès d’ici à quelques mois et ses membres devraient alors émettre un avis favorable ou non sur une telle décision, très politique on s’en doute avec la nouvelle administration Trump. Le Pentagone a été alerté par les récents accidents survenus sur des lanceurs Falcon 9 de SpaceX ces derniers mois et ils ont pris très au sérieux les conséquences potentielles pour leurs lancements de satellites militaires (télécommunications, écoute, renseignement, etc.).

Commentaire. On le sait, l’US Air Force est prête à confier aux sociétés privées ses précieux satellites mais les militaires américains ne veulent en aucun cas être dépendants. Double ou triple sources, peu importe les prix de lancement, la priorité est avant tout de lancer. Ce qui permet au passage à Space X de facturer au prix fort ses lancements pour le Pentagone ($80 millions et plus) et de casser les prix sur le marché commercial ($60 millions, voire moins). Hormis les lanceurs «made in USA», peu de candidats étrangers sont potentiellement admissibles pour des raisons de sécurité nationale. Une délégation de militaires de l’US Air Force – des analystes -, s’est rendue en Guyane en février dernier à l’occasion du lancement VA 235 (SkyBrasil et Telkom 3) afin de rencontrer les équipes d’Arianespace qui oeuvrent au Centre spatial guyanais et de visiter les installations. Le lanceur Ariane 5 a démontré sa fiabilité et il lancé bon nombre de satellites fabriqués par des sociétés américaines pour le compte d’opérateurs américains. En outre, les Européens travaillent régulièrement avec leurs homologues américains dans diverses coopérations spatiales notamment avec la NASA. On se connaît donc très bien des deux côtés de l’Atlantique. Déjà en 2016 des représentants américains ont visité les sites des Mureaux, de Vernon et celui de Colleferro chez Avio, en Italie, afin de se familiariser avec les installations européennes et d’échanger des informations. «Les analystes américains sont très optimistes et ils ne voient pas d’obstacles à ce que l’US Air Force ait recours au lanceur européen. Tout dépendra du Congrès qui n’est pas forcément favorable à une solution européenne, de l’administration Trump et surtout des lobbystes de Washington qui vont tout faire pour torpiller cette éventualité», nous a-t-on expliqué sous couvert d’anonymat. Les Européens ne s’attendent pas à lancer un satellite espion mais que le lanceur Ariane 5 soit retenu par le Pentagone comme solution de secours et d’être «US Air Force Approved» serait une consécration dont ils n’ont pas envie de se priver.

B.L.

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